Quand la benne devient accessoire
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| Écrit par Éric Lefrançois | |
| 29 août 2005 | |
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Au cours des 18 derniers mois, les camionnettes dites compactes ont profondément évolué. Plus massives, plus puissantes, plus raffinées aussi, ces camionnettes appartiennent à la catégorie supérieure, à savoir celle des intermédiaires, créneau autrefois occupé par la seule Dodge Dakota. Le Frontier n'échappe pas à cette nouvelle tendance et va même, dans sa version cabine double (Crew Cab), jusqu'à se placer en compétition directe avec certains VUS. Pour retracer les origines de la camionnette compacte de Nissan, il faut remonter à 1961, année où la 1200 fit son apparition sur la côte ouest américaine, où elle fit les petits bonheurs de jardiniers japonais. La Frontier que nous propose Nissan cette année n'a évidemment plus rien à voir avec son aïeule, dont la physionomie vous paraîtrait aujourd'hui plutôt frêle. Comme le modèle dont elle assure cette année la succession, la nouvelle Frontier arbore des épaules encore plus proéminentes et une mâchoire encore plus frondeuse. Au premier coup d'oeil, on jurerait qu'il s'agit d'une Titan (la grande camionnette de Nissan) en réduction. Soucieux de simplifier sa production et de s'attaquer au coeur du marché, le constructeur japonais limite son offre à deux choix de carrosseries : cabine allongée (King Cab) ou cabine double (Crew Cab). Physiquement, les deux sont identiques à l'exception de la hauteur hors tout, plus élevée dans la configuration Crew Cab, et ce, même sans la galerie de toit qui équipe, de série, deux des trois livrées disponibles (SE, Nismo, LE). Plus haute sans doute, la Crew Cab est cependant harnachée à une benne beaucoup moins vaste que la King Cab, ce qui la rend nettement moins pratique. Aussi profonde et large, d'accord, mais elle est tout de même plus courte de 35 cm. (Peut-être devrez-vous opter pour le service de livraison de la quincaillerie ?) À moins de choisir l'une des autres trois nouveautés inscrites dans cette catégorie cette année. En fait, aussi bien le Dakota, le Ridgeline que le Tacoma proposent une benne aux dimensions plus généreuses et parfois même plus astucieuse (Honda). La polyvalence de la caisse du Frontier se trouve plutôt dans le système Utili-track qui consiste en un ensemble de rails (cinq) et d'attaches (quatre) visant à organiser et à aménager l'espace utilitaire en fonction de vos besoins. Même s'il n'est pas un «déménageur» à proprement parler, le Frontier Crew Cab a d'autres raisons de se faire aimer. La richesse de ses équipements en est une. Surtout dans sa livrée LE, la plus coûteuse, qui ne comporte, à l'exception du «groupe cuir» (2300 $), aucune option au catalogue du constructeur. Tout y est : colonne de direction inclinable, ordinateur de bord, climatisation, marchepieds, commandes audio dupliquées au volant et même une trousse de premiers soins. On n'en attendait sans doute pas moins d'une camionnette dont le prix de vente frise, avant taxes, les 40 000 $. Pour ajouter au confort des occupants qui voyageront à son bord, le Frontier Crew Cab habille son intérieur de matériaux solides et impeccablement ajustés auxquels il ne manque en fait qu'un soupçon d'originalité tellement la présentation intérieure semble une photocopie d'un autre modèle de la marque, qui est lui-même une photocopie d'un autre. Autre motif d'insatisfaction : les sièges qui, sur une longue distance, se révèlent peu confortables, et ce, en dépit de multiples ajustements. À l'arrière, ce n'est guère mieux. Le dossier de la banquette est planté trop à la verticale pour se faire apprécier. Ce qui risque plutôt de vous plaire, c'est la modularité des places arrière. Il est en effet possible de basculer la banquette, voire de la retirer. Ce faisant, vous découvrirez de nouveaux espaces de rangement ou pourrez tout simplement bénéficier d'une aire de chargement additionnelle. Qui plus est, le dossier du passager avant se replie contre l'assise pour faciliter le transport d'objets encombrants à l'intérieur. À noter toutefois que les consommateurs qui tapisseront baquets et banquette de cuir renoncent du coup à cette fonctionnalité. Il ne manque plus que de pratiquer une ouverture entre la benne et l'habitacle, comme le dispositif Mid-Gate de GM, et le Frontier Crew Cab serait alors vraiment polyvalent. Sur le plan ergonomique, cette nouvelle version n'a aucune peine à nous faire oublier l'ancienne. La recherche d'une position de conduite agréable est facilitée par les nombreux réglages offerts, la colonne de direction est mieux centrée et le frein d'urgence se trouve maintenant sous la main droite, là sur la console, plutôt que sous le tablier du tableau de bord. Les principales commandes sont placées dans l'environnement immédiat du conducteur et seules les prises auxiliaires (deux) nous font regretter de ne pas avoir un bras télescopique pour les atteindre aisément. Les espaces de rangement sont abondants et les bacs suspendus au pied des contre-portes particulièrement accueillants. Moteur : V6 DACT 4 litres - Puissance : 265 ch. à 5600 tr/min - Couple : 284 li.-pi. à 4000 tr/min - Poids : 2013 kg - Rapport poids/puissance : 7,59 kg/ch - Accélération 0 à 100 km/h : 9,21 secondes - Consommation moyenne obtenue : 14,6 l/100 km - Mode : quatre roues motrices sur demande - Transmission de série : automatique à cinq rapports (version LE) - Direction : crémaillère - Diamètre de braquage : 13,2 mètres - Freins avant/arrière : disque/disque - Pneus : 265/65R17 - Capacité du réservoir - essence recommandée: 80 litres - ordinaire Éric LeFrançois La Presse, www.monvolant.ca Opinions des membres Pas encore d'opinion Pour écrire une opinion, inscrivez-vous ou enregistrez-vous. |
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| Dernière mise à jour : ( 20 novembre 2006 ) |



