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Lamborghini Gallardo Spyder: Se saouler de soleil et de sons !  Populaire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jacques Duval   
31 mai 2006

(Key Largo, Floride) S’il faut en croire le président de Lamborghini Stephan Wilkelman, le plus italien des allemands, la nouvelle Gallardo Spyder devrait permettre à la marque italienne de recruter un plus grand nombre de femmes au sein de sa riche clientèle. Et je n’ai pas eu de difficulté à le croire lorsque j’ai découvert la couleur de la voiture que l’on m’avait assigné pour une journée complète d’essais sur la route et sur le circuit routier du complexe de Homestead en Floride. Lorgnant ma Gallardo Spyder « Baby Blue », mes collègues affichaient leur plus méchant sourire en coin, surtout que nous allions rouler du côté de South Beach (ai-je besoin de vous faire un dessin ?). Mais, j’ai vite pris ma revanche au premier poste de péage quand la préposée m’a dit avec un grand sourire que des 14 Lamborghini qui étaient passés sous son nez, la mienne était celle qui avait la couleur la plus « gorgeous ». Mission accomplie M. Winkelman !

Couleur mise à part, Lamborghini a vu ses ventes quintuplées depuis la sortie du coupé Gallardo en 2003. Ferrari a finalement trouvé chaussure à son pied et le petit voisin d’à côté (Maranello est tout près de Sant’Agata) que l’on regardait de haut est devenu un rival inquiétant. Depuis sa fondation il y a 42 ans, Lambo vendait bon an mal an autour de 250 voitures. Aussi bien dire une goutte d’eau dans l’océan. Or, l’an dernier, ce chiffre a atteint les 1500 unités, grâce en majeure partie au coupé Gallardo dont plus de 3000 exemplaires ont été construits à ce jour. Le spyder contribuera sans l’ombre d’un doute à hausser encore les ventes du constructeur de Sant’a Agata, désormais sous la férule d’Audi. Depuis que la marque allemande a pris sous son aile la petite fabrique fondée en 1965 par Ferrucio Lamborghini, les voitures ont gagnés en fiabilité et en technologie. Elles bénéficient notamment d’un châssis en aluminium et de la transmission intégrale, sans compter le soin plus rigoureux apporté à la finition.

Une dose de Viagra

Par rapport au coupé, la rigidité du Spyder Gallardo a fait l’objet d’une attention particulière afin d’éviter tous ces bruits et craquements qui ternissent souvent le plaisir de conduire une décapotable. Des éléments de renfort ont été incorporés aux piliers A ainsi qu’aux seuils de portes tandis que le capot moteur en fibre de carbone abrite non seulement le toit souple lorsqu’il est ouvert mais contribue aussi dans une certaine mesure à solidifier la voiture, la rendant mieux résistante à la flexion et à la torsion qu’un spyder Ferrari 430 (dixit Lamborghini). Une légion de moteurs électrique (4) et systèmes hydrauliques (6) servent au fonctionnement du toit qui s’abaisse ou se remonte en 20 secondes, un chiffre qui tend à prouver que les italiens ont des chronos un peu lents. Une astuce intéressante est que la lunette arrière peut jouer le rôle de pare-vent et que le conducteur a le choix de la monter ou de la descendre à sa guise. Quant aux arceaux de sécurité, ils sont invisibles mais prêts à surgir de leur cachette au besoin.

Sans vous répéter tout ce que vous trouverez dans la fiche technique, précisons que toutes les Gallardo héritent d’un moteur central, un V10 de 5 litres dont la puissance atteint désormais 520 chevaux, soit 20 de plus qu’antérieurement. En voilà assez pour repousser les attaques du Spyder de Maranello. Si le régime de 8000 tr/min où les 520 ch. sont pleinement sollicités paraît élevé, on sera rassuré en sachant que le couple maxi de 376 lb-pi intervient à 4250 tr/min en plus de voir 80% de sa valeur se manifester dès les 1500 tours. Bref, quand on appuie sur la pédale de droite, pas besoin de rétrograder 3 fois pour se débarrasser d’un flâneur. En adoptant un V ouvert à 90 degrés plutôt que la norme de 72 degrés, les ingénieurs de Lamborghini ont pu abaisser le centre de gravité de la voiture, d’autant plus que le V10 possède un carter sec qui permet de gagner aussi quelques centimètres en hauteur et de mieux lubrifier les précieuses composantes du moteur. L’acheteur a le choix entre la boîte classique à six rapports ou le E gear qui se retrouvait sur ma voiture d’essai. Il s’agit là de l’appellation choisie pour ce qui est essentiellement l’incontournable transmission séquentielle ou robotisée à palettes que l’on trouve sur toute super-voiture qui se respecte.

Ce que la fiche technique ne vous dit pas et que j’ai découvert en me faisant siffler avec ma Gallardo Baby Blue, c’est que cette voiture arrive à créer chez-vous une véritable dépendance. Une dépendance à sa beauté sauvage, à ses accélérations en flèche et, surtout au son délectable qui s’échappe des entrailles de son moteur V10. On dirait la section des trompettes d’un orchestre riche en cuivres au cœur de la belle époque des « big bands ». Et le plaisir ou la dépendance (c’est selon) croit aussi avec l’usage. Cela signifie que les faiblesses (et il y en a quelques unes) du Spyder Gallardo sont vites occultées par les « high » que distribue le moteur et le comportement routier. Après avoir littéralement flâné sur les insignifiantes routes des Keys de la Floride, on nous a donné un vrai terrain de jeu sur le circuit routier d’Homestead où la voiture a su faire oublier son immense diamètre de braquage, son volant en caoutchouc mousse désagréable au toucher bien que scotché aux paumes de la main et son affichage des rapports de boîte obligeant à baisser les yeux en plus d’être illisible face au soleil. À l’exception de la console centrale repiquée à Audi, on sent assez peu l’influence du constructeur allemand face à un tableau de bord banal. En plus, la fibre de carbone placée ça et là dans l’habitacle sent le plastique à plein nez. En revanche, les sièges méritent un prix de l’Association des orthopédistes et la petite fenêtre triangulaire latérale compense un peu l’effet massif du pilier A qui pourrait s’avérer gênant pour la visibilité. Ce qu’il faut surtout retenir toutefois de ce Spyder Gallardo, c’est sa facilité de conduite comme j’ai pu m’en rendre compte en la pilotant à froid sur le circuit intérieur d’Homestead. Agréablement confortable sur la route, jamais je n’aurais cru à une telle aisance sur piste. En augmentant le rythme en virage, on sent bien la présence de la traction intégrale dans le volant qui affiche un effet de rappel ou d’auto centrage important. Et n’allez pas relâcher l’accélérateur en milieu de virage, au risque de provoquer un survirage aussi subit que peu commode à contrôler.

UNE FIABILITÉ À L’ALLEMANDE

Le moteur, quant à lui, ne cesse de ravir aussi bien lorsqu’il vous emporte de 0 à 100 km/h en 4,3 secondes que lors de ses montées en régime. On aime ou on aime pas mais la boîte E gear permet de passer les rapports à la vitesse de l’éclair et de rétrograder comme un champion. On revanche, on se sent un peu victime d’une forme d’automatisation. Le moteur donne une rassurante impression de robustesse, un mot qui était exclu du vocabulaire des anciennes Lamborghini. Bref, il est certain qu’une journée d’essais rigoureux sur piste comme celle d’Homestead aurait vu une bonne quantité de voitures se retrouver au bout d’une remorque il y a quelques années à peine.

FERRARI OU LAMBORGHINI ?

Prix pour prix (ou presque), qu’est-ce qu’on achète quand on a le rare privilège de pouvoir choisir entre une Ferrari F430 et une Lamborghini Gallardo ? Pour en avoir fait l’essai, il est certain que la représentante de Maranelllo est plus véloce et qu’elle vous cale dans son siège baquet avec plus vigueur que sa rivale de Sant’a Agata. Et cela en dépit d’un handicap de 30 chevaux ! La tenue de route aussi donne l’avantage à la Ferrari mais il faut se louer une piste de course pour pouvoir départager les deux voitures.. Même menée 2 à 0 , la Gallardo m’attire davantage dans la perspective d’un usage quotidien. Légèrement plus civilisée que la 430 et conséquemment plus confortable, elle possède aussi selon moi un sex appeal beaucoup plus marqué grâce à ses lignes incisives. À côté d’elle, la Ferrari paraît défraîchie et mûre pour un lifting. En somme, Lamborghini a atteint son but qui était d’amener le client Ferrari à magasiner chez-lui et à comparer avant de prendre une décision. Il ne reste plus qu’à savoir combien de femmes en feront autant.

FICHE TECHNIQUE

Lamborghini Gallardo Spyder Prix 260 000 $ (sans options) Moteur V10 5 litres Puissance 520 ch @ 8000 tr/min Couple 510 Nm à 4250 tr/min Transmission E-gear (robotisée type F1ou manuelle 6 Rapports, traction intégrale. Freins disques ventilés Poids 1570 kg Pneus 235/35 ZR 19 (av.) 295/30 ZR 19 (arr.) 0-100 km/h 4,3 sec. Vitesse max. 314 km/h (toit fermé) Consommation (100 km) 17 litres (moyenne) Distributeur/Concessionnaire : John Scotti, Montréal.


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Dernière mise à jour : ( 21 novembre 2006 )
 
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» Verdict

Pour


  • Pour le coup de foudre
  • Pour le moteur vif et sonore
  • Pour la facilité de conduite
  • Pour le freinage type ancre de bateau
  • Pour la rapidité de la boîte robotisée
  • Pour les progrès de la qualité

Contre


  • Au volant hideux
  • Au rayon de braquage démesuré
  • À l’aspect bon marché de quelques éléments de finition
  • Au peu de lisibilité de certains instruments