CAYMAN S : La plus grosse erreur de Porsche
|
|
|
| Écrit par Jacques Duval | |
| 13 décembre 2006 | |
|
Pour avoir piloté toute une palette de voitures de course portant le blason de Porsche et conduit sur la route tous les modèles de série fabriqués depuis 1960, je pense connaître suffisamment les sportives de Stuttgart pour en faire une évaluation équitable. J’oublie ici le Cayenne, tant il est vrai que je n’ai aucun atome crochu avec ce type d’engin. Cela dit, la Cayman S dont je me suis porté propriétaire en mai dernier et avec laquelle j’ai parcouru jusqu’ici près de 10 000 km est à mon avis la plus grosse erreur jamais commise par Porsche. Je m’explique. Ce modèle est le moins cher (exception faite de la nouvelle Cayman de base) proposé par la fabrique allemande et il se trouve que c’est de loin la meilleure voiture produite en grande série actuellement par Porsche. Dans l’ordre normal des choses, un constructeur automobile veut que sa clientèle aspire toujours à un modèle supérieur, plus performant, plus excitant et conséquemment plus coûteux. On s’organise donc en conséquence en offrant toujours un peu plus au client en autant qu’il veuille bien fouiller dans ses goussets. Or, on ne peut strictement rien demander de plus qu’une Cayman S pour élever l’agrément de conduite à son paroxysme. Voilà l’erreur ! EN SOL TOSCAN Quand j’ai essayé la Cayman S pour la première fois en Toscane à l’automne de 2005, j’ai eu le coup de foudre pour cette voiture. Et il se trouve que la plupart des journalistes automobiles ont opinés du bonnet en la portant aux nues. Au début, je pensais être victime du syndrome 5 étoiles, cet état de béatitude qui s’empare de bien des journalistes quand ils sont transplantés dans un univers de grand luxe pour faire l’essai d’une voiture issue d’une marque prestigieuse. Pourtant, mon co-pilote, le journaliste Tony Whitney, m’avait avoué qu’il ne m’avait jamais vu piloter une voiture aussi rapidement et avec autant d’aisance sur les petites routes du vignoble toscan. « Je n’ai pas de mérite » lui avais-je répondu, « la voiture se conduit quasi toute seule ». En effet, la plus grande qualité de cette Boxster S à chapeau dur est sa superbe maniabilité, à laquelle on peut ajouter un volume de rangement tout à fait exceptionnel découlant de la présence de deux coffres à bagage. Le compartiment arrière offre plus d’espace en raison de la présence d’un hayon très pratique. La Cayman S gagne aussi en puissance avec son 6 cylindres à plat de 295 chevaux et son toit permanent lui donne une rigidité exemplaire qui a de belles retombées tant sur le confort que le comportement routier. DES COMPARAISONS RÉVÉLATRICES Malgré notre réseau routier tout rapiécé, le confort de la voiture s’exprime parfaitement lors d’une transition entre une 911 S et une Cayman. En effet, j’ai fait l’essai au Québec des deux voitures successivement et il apparaît clair et net que la Cayman est plus confortable et surtout beaucoup moins bruyante qu’une 911. Une autre révélation de mon essai de la Cayman S de presse fut l’extrême solidité de la caisse. Malgré ses 25 000 km aux mains de journalistes qui se livrent souvent aux pires excès avec des voitures prêtées, je n’arrivais pas à faire la différence entre le modèle de presse et ma propre auto qui n’avait à l’époque que 3000 km. Avec la même couleur et les mêmes accessoires, les deux voitures étaient quasi identiques, sans aucun signe de fatigue pour le modèle de presse. Voilà un éloquent témoignage de la solidité de cette Porsche.Une des grandes jouissances de la conduite d’une Cayman est la sonorité de son échappement d’où s’extirpe un feulement qu’il serait sacrilège d’appeler du bruit tellement nos oreilles s’en régalent. Ce même moteur ne vous donne pas une poussée dans le dos au même titre qu’une 911 S mais la puissance, largement suffisante, n’est pas ce qui rend ce joli petit coupé aussi attachant. Le bonheur de conduire vient en bonne partie de la boîte de vitesses manuelle à 6 rapports dont le levier se déplace du bout des doigts et avec une précision rarement atteinte à ce jour avec des commandes mécaniques. Jamais le moindre à-coup, jamais de frein moteur intempestif. Le moteur et la boîte forment un couple parfait. Il vous arrivera au début de caler mais avec un peu d’habitude, vous n’aurez jamais l’air d’un débutant. Avez-vous déjà entendu parler d’une Porsche dont le freinage était déficient ? Non, sans doute et la Cayman S ne sera pas l’exception à la règle puisqu’elle sait profiter de la parfaite répartition du poids de son moteur central pour s’immobiliser sans plongée ou instabilité. LE REVERS DE LA MÉDAILLE Dans l’habitacle, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes. On ne se sent pas confiné comme dans une Miata et ceux qui ont décidés de rouler hiver comme été avec leur Cayman s’y sentiront à l’aise même avec leur attirail de grand froid.En fouillant bien, j’ai trouvé deux petites choses qui m’énervent énormément dans ma Cayman S. Il y a d’abord cette clochette insupportable qui vous rappelle que votre ceinture n’est pas bouclée, ce dont je pourrais bien me passer quand je suis dans un stationnement ou que je veux simplement déplacer la voiture en face de la maison. J’ajouterai à cela la clé de contact tellement mal foutue que l’on accroche très souvent les commandes d’ouverture des capots avant ou arrière. Le plus gros reproche toutefois que l’on puisse adresser à Porsche est sa très grande faiblesse en calcul. Alors qu’une Cayman S comme la mienne coûte 58 900 $ aux USA, la même auto commande un prix de 85 000 $ au Canada. C’est une surprime de 40% alors que le taux de change actuel se situe à environ 15%, ce qui veut dire que la voiture devrait coûter ici autour de 70 000 $ en arrondissant un peu. Et que dire de la moindre option facturée à des prix faramineux ? Contrairement à la voiture elle-même, ces erreurs là, Porsche pourrait les corriger. Opinions des membres Pas encore d'opinion Pour écrire une opinion, inscrivez-vous ou enregistrez-vous. |
|
| Dernière mise à jour : ( 13 février 2007 ) |



