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Essai en duo : Mitsubishi Lancer 2008  Populaire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jean-Pierre Bouchard et Sylvie Rainville   
11 mai 2007

Exit la timidité

Jean-Pierre Bouchard

 

Mitsubishi célébrera bientôt le cinquième anniversaire de son arrivée au Canada. Après des débuts plutôt houleux en terre canadienne, la firme japonaise semble davantage mettre le cap sur un avenir plus florissant. Après avoir lancé une nouvelle mouture d’Eclipse en 2006, sexy et audacieuse sur le chapitre du design, elle présente maintenant la plus récente génération de Lancer, millésimée 2008.

 

Le produit d’abord, le produit toujours

 

Les ingénieurs de la marque ont révisé la compacte d’un boulon à l’autre : nouvel habillage, nouvelle plateforme et nouveau groupe motopropulseur. Au programme, une seule configuration, soit berline à quatre portes offerte en versions DE (de base), ES (intermédiaire) et GTS (sport). La familiale Sportback, de son côté, devrait pointer son capot dans les salles d’exposition des concessionnaires de la marque en janvier 2009.

 

À la suite de ce premier contact avec la voiture, force est de constater que la voiture a évolué dans la bonne direction par rapport à la précédente génération. La nouvelle Lancer présente un design plus inspiré, plus athlétique et plus extraverti. C’est frais, jeune et dynamique. Exit la timidité. J’aime !

 

La GTS profite en outre de belles roues en alliage de 18 po et d’un aileron arrière, deux éléments qui rehaussent la sportivité de la voiture et lui donnent davantage de caractère. L’aileron nuit toutefois à la visibilité vers l’arrière. Certains, j’en suis convaincu, apprécieront néanmoins l’effet visuel (14 % des acheteurs de Mitsubishi ont en fait 25 ans ou moins !)

 

Une compacte plus généreuse

 

Au chapitre des dimensions, la voiture est moins longue de 1,5 cm, mais son empattement a gagné 3,5 cm. La largeur et les voies avant ont, de leur côté, augmenté respectivement de 6,5 cm et de 6 cm. L’habitabilité a donc marqué des points de façon importante.

 

À titre de conducteur de grande taille, j’ai apprécié le confort des sièges, le dégagement généreux pour les jambes et adéquat pour la tête, y compris aux places arrière. La position de conduite est bonne. Afin de l’améliorer, j’aurais toutefois aimé disposer d’un réglage pour l’inclinaison du coussin de siège ou pour la hauteur du siège sur la version DE.

 

Autre oubli : aucune version n’est équipée d’un volant télescopique. Difficile à justifier, d’autant plus que la Mazda3 et la Honda Civic, deux rivales avouées de Mitsubishi, en sont dotées de série.

 

L’aménagement intérieur reflète bien le design extérieur. J’aime particulièrement les deux cadrans de type sport du tableau de bord. J’ai, en revanche, trouvé la présentation intérieure de la DE plutôt monotone. Les stylistes auraient pu y aller de coloris plus gais, utiliser un tissu pour les sièges de facture plus agréable à l’œil et au toucher et un peu moins de plastique noir. J’ai également noté un manque de rigueur du côté de l’assemblage de certains plastiques ou de fragilité du côté de certains éléments tels que la commande pour ouvrir le coffre et la trappe du réservoir de carburant. Autrement, l’ensemble est plutôt bien ficelé.

 

Une mécanique plus vitaminée

 

La Lancer 2008 utilise un 4‑cylindres de 2,0 L en aluminium – donc plus léger et plus solide – conçu de concert avec DaimlerChrysler et Hyundai. Ce moteur doté de l’ouverture variable des soupapes développe 152 chevaux, soit un gain de 32 chevaux par comparaison au précédent moteur, et suffit à la tâche dans la plupart des situations. Aucun reproche de ce côté. Mitsubishi promet également d’implanter un 2,4‑L sous le capot des futures GTS en 2009.

 

Le 2,0‑L est relié de série à une boîte manuelle à 5 rapports. Les rapports sont bien étagés, tandis que le levier est agréable à manipuler. Selon le constructeur, cette boîte permet une consommation moyenne de carburant de 8,4 L/100 km, soit une hausse de 0,8 L/100 km par rapport à la précédente génération. Oubliez donc la remise du programme écoAUTO. À elle seule, la consommation en ville est passée de 8,7 L/100 km à 9,7 L/100 km ! Élément à souligner, le poids de la voiture a grimpé d’environ 125 kg.

 

À l’instar de Nissan (Sentra) ou de Dodge (Caliber), le constructeur a choisi d’opter pour une boîte à variation continue (CVT) plutôt que pour une boîte automatique conventionnelle. L’objectif premier : favoriser une meilleure consommation de carburant. Fait étonnant toutefois, cette boîte autorise une consommation moyenne de carburant de 0,1 L/100 km plus élevée que la Lancer 2006, soit 8,3 L/100 km.

 

Une CVT exige toujours une certaine période d’adaptation auditive. Car ce type de boîte émet un son linéaire plus ou moins agréable – ou inspirant, c’est selon – au moment d’accélérer fortement, pour dépasser par exemple. À vitesse de croisière, par contre, difficile de remarquer une différence avec une boîte conventionnelle. La version GTS peut recevoir des palettes en alliage de magnésium montées au volant, ce qui permet au conducteur de simuler six passages de rapport.

 

Le comportement routier de l’actuelle Lancer est beaucoup plus rigoureux que celui de l’ancienne. La nouvelle plateforme plus rigide assure une meilleure intégrité de la voiture et lui permet de dégager une belle impression de solidité.

 

La direction est en outre rapide et stable, alors que la suspension allie souplesse et fermeté dans la plupart des conditions. Les roues de 16 po (versions DE et ES) assurent également une meilleure stabilité de conduite. Au cours de ce premier essai, j’ai apprécié conduire cette compacte, y compris en version de base.

 

La voiture est dotée de série de six sacs gonflables et de un sac gonflable pour les genoux du côté conducteur, ainsi que de freins à disque aux quatre roues. Le système de freinage antiblocage fait malheureusement partie d’un groupe d’options (Groupe ABS et Climatisation pour 1 800 $) sur la version DE.

 

Cette première rencontre avec la Lancer 2008 se révèle plutôt concluante. Mitsubishi propose une voiture plus agréable à regarder, plus spacieuse, plus plaisante à conduire et plus intéressante en termes de rapport qualité/prix. La garantie de 10 ans ou de 160 000 km sur le groupe motopropulseur ne constitue désormais plus le seul argument de vente. La nouvelle Lancer peut désormais concurrencer sans gêne les Honda Civic, Mazda3 ou Nissan Sentra, notamment. Reste par contre à réduire la consommation de carburant.

 

Tout un changement

Par Sylvie Rainville

 

La nouvelle Lancer ne passera pas inaperçu avec son style accrocheur. Sans oublier sa calandre inusitée qui a suscité des opinions partagées de nos collègues. Mais, comme Jean-Pierre Bouchard, mon copilote pendant la journée d’essai, j’aime ses lignes audacieuses.

Cependant on aurait souhaité plus d’audace des concepteurs dans l’habitacle.  L’intérieur très assombri par la prédominance des plastiques de couleur noire du modèle de base profiterait des garnitures métalliques dont dispose la GTS.  Les matériaux choisis sont de qualité, mais on note quelques imperfections en ce qui a trait à l’assemblage. 

L’espace intérieur est un des gros atouts de la nouvelle génération de Lancer. La voiture offre un dégagement généreux pour les jambes et la tête des passagers. Et malgré l’absence de volant télescopique, j’ai rapidement trouvé une position de conduite optimale.  Le conducteur profite aussi d’une bonne visibilité avant et latérale.  Comme le mentionne mon compagnon de route, l’aileron arrière qui siège sur la carrosserie du modèle GTS nuit quelque peu à la visibilité. Mais quel bel effet !

D’ailleurs ce modèle possède d’autres caractéristiques qui rehaussent son allure sportive : feux antibrouillard,  prise d’air à l’avant, et déflecteurs d’air intégrés.

L’équipement de série du modèle de base DE (16 598 $) comprend les glaces électriques – pas de manivelle pour la Lancer – et même un moniteur de la pression des pneus.  Cependant, la banquette arrière de configuration 60/40 n’est disponible que pour les modèles  ES et GTS. 

 

Des performances relevées

Quelques minutes au volant vous suffiront pour réaliser que les changements apportés à la Lancer ne sont pas que d’ordre esthétique.  L’empattement allongé, les voies plus larges ainsi que la toute nouvelle plateforme lui confèrent un comportement routier supérieur.

Mieux encore, la suspension des modèles intermédiaires (ES) et sport (GTS) profite d’une barre stabilisatrice à l’arrière, ce qui améliore considérablement la stabilité de la voiture. En outre, la suspension à calibrage sport du modèle GTS jumelée aux roues de 18 pouces (16 po sur les autres modèles)  assure une conduite plus sportive et une tenue de route supérieure.

Côté motorisation, le gain en puissance de la nouvelle Lancer est immédiatement identifiable.  La boîte manuelle à cinq rapports de série – celle pour laquelle j’opterais – fait un excellent travail.  Les rapports sont bien étagés et les changements se font en douceur.  Mais je dois vous avouer que je fais partie de ceux qui ne peuvent pas encore s’habituer à une boîte CVT.  J’aime entendre le changement des rapports, une musique dont je ne me lasse jamais. Mais je suis consciente que ce type de transmission contribue à une meilleure consommation de carburant. Et avec sa cavalerie de 152 chevaux, la Lancer n’est pas une des plus frugales de la catégorie.

 

Une boîte CVT avec système de palette au volant c’est possible ?

Mitsubishi propose une solution aux consommateurs qui comme moi préfèrent une voiture à vocation plus sportive : la CVT avec système de palettes au volant Sportronic. Ce système de commandes d’embrayages en alliage de magnésium simule des changements de vitesse grâce à ses six rapports programmés.  

Idée ingénieuse me suis-je dit. Et j’étais curieuse d’en faire l’essai.  Peut-être que ce nouveau gadget me ferait reconsidérer la CVT.  Mais après cinq minutes, je suis revenue au mode automatique.  Pourquoi ? Tout d’abord, le son linéaire de la CVT est encore plus perceptible et on n’a vraiment pas l’impression que les rapports montent ou descendent.  Et finalement, les palettes sont fixées à la colonne de direction, alors essayez de changer de vitesse en tournant.

Le système Sportronic est en offert en option seulement sur le modèle GTS équipé de la boîte à variation continue.

Mitsubishi a mis du temps pour remanier sa voiture d’entrée de gamme.  Et l’ancienne version ne pouvait se mesurer à ses rivales en termes de technologies, de comportement routier et de confort.  Mais ceci est chose du passé.  La nouvelle Lancer n’a rien à envier aux principales joueuses de ce segment fort compétitif. Et en plus, elle a de la gueule !

 


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Catégories: 2008, Compactes, Lancer, Mitsubishi,
Dernière mise à jour : ( 11 mai 2007 )
 
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