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LA SATURN SKY : Le ciel et l’enfer  Populaire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jacques Duval   
4 juin 2007

Désolant, triste, dommage ! Voilà, en trois mots, ce que j’avais écrit lors du lancement de la Pontiac Solstice, cet  aguichant petit roadster autour duquel General Motors avait su créer un véritable supplice de Tantale et qui représentait plutôt la synthèse de tout ce qui ne tourne pas rond chez l’ancien numéro un mondial de l’automobile.

 

Et pour que la cour soit pleine, j’avais rajouté ceci : « c’est bien beau de nous mettre l’eau à la bouche avec une jolie frimousse mais encore faut-il que cette eau ne soit pas contaminée ». Force est d’admettre que la Solstice accusait de sérieuses failles, tant dans sa conception que sa construction.  Finalement, j’avais planté le dernier clou du cercueil en disant « la voir, c’est l’adorer, la conduire, c’est la détester ».

 

QU’EN EST-IL DE LA SKY  ?

Peut-on formuler un verdict aussi cinglant à l’endroit de la Saturn Sky  puisqu’il s’agit à peu de choses près du même véhicule ? Une carrosserie à faire rêver et une mécanique à mille lieues de rendre justice à un si bel emballage. Autant le résultat final est regrettable, autant on le comprend : GM s’était donné comme but d’offrir un petit roadster deux places à un prix qui serait accessible à beaucoup de gens en quête d’un moyen de transport estival amusant. Il est certain que dans un exercice similaire, Mazda passe beaucoup mieux l’examen avec sa Miata. Cela dit, grattons un peu la peinture pour voir ce qu’il y a en dessous.

 

D’abord, entre les deux (Solstice et Sky), laquelle est la plus belle ? C’est, selon moi, une question de goût qui, dans mon cas, me fait pencher vers la silhouette de la Saturn, ne serait-ce que parce qu’elle se fait plus rare sur nos routes. Cette différence esthétique ne change toutefois strictement rien à un habitacle en tout point semblable à celui de la  Solstice pour la maigre ration d’espace qui règne à bord.

 

Les espaces de rangement sont clairsemés, voir inexistants, le coffre à bagages est une bonne blague par son inutilité tandis que conducteur et passager sont soumis à un confinement qu’il vaut mieux partager entre amis. Mais, ce n’est pas là le vrai handicap de cette Saturn qui est affligé d’un groupe motopropulseur qui porte ombrage à son look affriolant et à ses prétentions sportives. Bref, le pauvre 4 cylindres 2,4 litres qui tente de propulser ce joli minois serait mieux adapté à un petit camion qu’à un roadster comme la Sky.

 

Ce moteur, malgré ses 177 ch., (un chiffre douteux, selon moi) est non seulement  asthmatique, mais il sonne creux et tourne avec toute la douceur d’un malaxeur à ciment.

Petite consolation, le levier de la boîte de vitesses à cinq rapports est bien guidé et conséquemment facile à déplacer. On ne lui pardonne pas cependant son sifflement et les vibrations émanant du rouage d’entraînement. L’étagement de la boîte de vitesses a, de toute évidence, été étudié pour occulter les carences du moteur. Les deux premiers rapports ultra-courts sont destinés à donner une impression de nervosité à basse vitesse. En revanche, les trois rapports suivants (3e, 4e et 5e) sont anormalement longs, à tel point que la vitesse maximale de 190 km/h se manifeste au bout du 4ème rapport et qu’il m’a semblé difficile d’excéder 160 km/h en 5ème.

 

UN CHRONO SANS PITIÉ

Pour mieux illustrer le piètre rendement du tandem moteur/transmission, il suffit de consulter le peu reluisant tableau des performances. Le 0-110 km/h en 11 secondes s’apparente aux chronos d’une Toyota Tercel 1990 tandis que le temps de reprise sur le 4ème rapport entre 80 et 120 km/h vous laisse clairement savoir que les dépassements sont interdits au volant d’une Saturn Sky. 

 

En serez-vous récompensé par une faible consommation ? À vous de décider en sachant que j’ai obtenu une moyenne de 10,4 litres aux 100 km pendant mon essai. Les chiffres précités en surprendront plusieurs au vu des 6 et 7 secondes affichées par certains essayeurs dans la mesure du 0-100 km/h. Or, j’avais obtenu des résultats similaires avec la Solstice, ce qui tend à confirmer la véracité de mes relevés.  

 

CONFORT ET TENUE DE ROUTE LOUABLES

Là où ce petit roadster se défend plus honorablement, c’est en matière de comportement routier. Passons sur la direction avec son diamètre de braquage équivalent à celui d’un minibus pour vanter une tenue de route prévisible et cela même sur pavé mouillé. La voiture s’accroche au bitume sans succomber à un roulis excessif et ne craint pas d’enfiler les virages avec aplomb. Le freinage obtient aussi la note de passage.

 

Rendons aussi à la Sky ce qu’elle mérite, soit un confort parfaitement décent pour un petit engin du genre. J’assume que les responsables de la mise au point de ce modèle savaient qu’il n’était pas destiné à une clientèle sportive habituée aux suspensions fermes et, dans cette optique,  ils ont élaboré un  petit roadster « cute » et agréable à vivre au quotidien. 

 

Il faudra toutefois faire preuve d’une certaine souplesse pour accéder au poste de pilotage. L’assise du siège baquet est en effet si basse que l’on a l’impression d’être assis par terre.

 

USURE PRÉCOCE

Une fois installé au volant, on est confronté à un tableau de bord plutôt sympathique et  d’une modernité engageante. Encore là par contre, on ne s’est pas rendu au bout de l’exercice. La jauge à essence enfouie au fond d’un cadran cylindrique n’est pas de lecture facile et les matériaux utilisés apparaissent incapables de vieillir sans prendre de sérieuses rides.

 

Ainsi, dans le modèle essayé, le cuir des sièges était irrémédiablement plissé même si la voiture n’avait que 5000 km au compteur. Si jamais le beau temps vous donne envie d’escamoter la capote,  sachez que le cran de verrouillage de celle-ci se montre quelquefois récalcitrant à libérer le panneau dissimulant le toit dans une partie du coffre.

En me relisant, je constate que je n’ai pas été tendre pour le roadster Sky de Saturn. Je constate surtout que mes collègues ont été d’une complaisance hypocrite qui prive le consommateur d’une information vraie et sans retenue. Ainsi, je n’ai encore pas compris que la Solstice de Pontiac (un modèle jumeau) ait été envisagé comme « voiture de l’année » et c’est là, à mon sens, un cas classique de favoritisme…à moins que ce ne soit un cas « d’assistance à une personne en détresse », en l’occurrence General Motors.

Si l’on a voulu faire du Solstice de Pontiac un roadster à prix modique, c’est raté à cause d’une mécanique déficiente et si l’on me dit que la version Red  Line de Saturn  à moteur turbo de 260 chevaux permet de remettre la Sky dans la bonne voie, c’est raté encore une fois car, à plus de 40 000$ avec les taxes, on ne parle plus d’un roadster à prix modique. Voilà, messieurs dames.

 


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Dernière mise à jour : ( 4 juin 2007 )
 
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