BMW M6 : un dragster en habit de soirée
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| Écrit par Jacques Duval | |
| 4 septembre 2007 | |
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Avec sa robe bleue foncée, presque noire, ses jantes incurvées, ses glaces teintées et son format respectable, la BMW M6 est impressionnante, pour ne pas dire menaçante. On a devant soi une voiture sérieuse que personne, sauf sans doute le propriétaire d’une 911 Turbo, n’osera provoquer en duel. Cette création des sorciers de Munich cache pourtant bien son jeu. À moins d’être un connaisseur, on la prendra pour un coupé 645 qui n’est certes pas un traînard sur la route, mais, qui n’a rien à voir avec la version M6. Si l’on rate les divers emblèmes ça et là, on se croira en présence d’une BMW à laquelle son propriétaire a voulu donner un look de mauvais garçon. UNE FUSÉEDès le départ, admettons une chose; ce modèle a besoin d’espace pour s’exprimer et la circulation urbaine n’est pas sa tasse de thé. Toutefois, dénichez d’abord une ligne droite et payez vous le plaisir de monter les 6 rapports de la boîte de vitesses à l’aide des palettes sous le volant et vous n’en reviendrez pas de l’ardeur de ce moteur V10 de 507 chevaux. À chaque passage, on a l’impression qu’une nouvelle rétro-fusée vient de s’allumer et la force d’accélération vous cloue à votre siège comme si la voiture était prête à décoller en se prenant pour un avion. Est-ce à dire que la M6 est comme ces anciennes américaines pétries de chevaux vapeurs et condamnées à ne pouvoir les mettre en valeur que sur une ligne droite ? Pas tout à fait, mais il est certain que la M6 est lourdement handicapée par son embonpoint. De passage à la piste de Sanair alors que j’y faisais l’essai de la nouvelle Corvette Z06 et de la Ford GT, le coupé haute performance de BMW n’était pas très à l’aise dans les virages en si prodigieuse compagnie. Précédée par des M3 et M5 dont on a hautement vanté les mérites autrefois, la M6 était attendue avec beaucoup d’anticipation. Car, on a tellement louangé les voitures arborant un M majuscule rouge et bleu qu’elles sont devenues des objets de rêve chez les fanatiques de l’automobile. Or, la M6, tout comme la dernière M5 d’ailleurs, fait face à une dure réalité et c’est celle d’être affublée d’une transmission séquentielle robotisée SMG au tempérament insupportable. Je comprends maintenant pourquoi de nombreux conducteurs de M5 se sont débarrassé de leur voiture après seulement quelques mois d’utilisation. DÉTESTABLE SMGC’est principalement en mode automatique que la transmission montre son côté irritant : les pauses sont longues au passage de chacun des rapports et provoquent des à-coups déplaisants. En mode manuel, c’est beaucoup mieux, sauf qu’il faut que le conducteur aussi se mette en mode sport et qu’il soit prêt à conduire agressivement. On peut même donner congé à tous les systèmes d’assistance au moyen d’un bouton sur la branche droite du volant. Il est toutefois recommandé de mettre vos neurones en état d’alerte car la puissance phénoménale du V10 risque d’enflammer les pneus arrière au moindre abus. Un autre bogue de la boîte de vitesses est le fait que les palettes de changements de rapports font bloc avec le volant et qu’elles deviennent quelquefois difficile à repérer en virage. Même si les freins sont solides et efficaces, je dirais qu’il faut s’en méfier en raison du poids respectable de la bête et des vitesses que l’on atteint souvent sans s’en rendre compte. Il m’est arrivé de vouloir freiner à l’approche d’un stop pour me rendre compte que j’allais beaucoup plus vite que je le croyais. LUXE ET BON GOÛTL’inventaire de l’aménagement intérieur est un ravissement pour les yeux. Le cuir mocca, les quelques touches d’inox et la console en fibre de carbone s’unissent pour créer une ambiance de luxe et de goût. Même l’intérieur du pavillon revêtu de suède ajoute une note inédite à l’ensemble. Il n’y a vraiment que les rails des sièges en vulgaire métal qui détonnent dans l’ensemble. Pour ma taille aussi (5,8) , le repose-pied est trop éloigné. Si l’avant propose une bonne habitabilité, les places arrière tout juste convenables sont surtout difficiles d’accès. Si jamais vous y faites monter belle maman, elle n’en sortira probablement jamais, à moins que vous décidiez de transformer votre coupé en cabriolet. Enfin, pour l’amateur de golf en vous, le coffre peut aisément recevoir l’attirail de deux joueurs. Le coupé BMW M6 est au départ une voiture Grand Tourisme dont on a voulu faire une sportive affranchie en la dotant d’un explosif moteur de 507 chevaux, d’une transmission qui va chercher ses racines dans le cœur des Sauber BMW de F1 et d’un habillage de grand couturier. Malheureusement, on a oublié de le mettre à la diète avec le résultat qu’une voiture d’environ 2 tonnes qui tourne à droite ou à gauche à faisant crisser ses pneus met un certain temps à retrouver son équilibre. Un temps qui lui fait perdre toute prétention au titre de voiture de sport. De ce fait, le coupé M6 se montre lourdaud à la ville et pas toujours agréable à la campagne lorsque l’on veut rouler calmement. Ne serait-ce finalement qu’un merveilleux dragster en habit de soirée capable de boucler le 0-100 km/h en 4,8 secondes ? Je vous laisse le soin de répondre.
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| Dernière mise à jour : ( 4 septembre 2007 ) |



