AUDI R8 : UN BEL ENTRE DEUX
|
|
|
| Écrit par Jacques Duval | |
| 1 octobre 2007 | |
|
De nombreuses personnes et plusieurs internautes m’ont demandé mes impressions de la nouvelle Audi R8 parce qu’ils s’apprêtaient à en acheter une et qu’ils voulaient que je les rassure sur leur choix. Je m’excuse de n’avoir pu vous répondre plus tôt et la raison en est toute simple. Je n’ai pas été invité à l’avant-première de ce modèle, ni à la première, ni même à un dévoilement chez un concessionnaire. Est-ce la rançon de quelques remarques désobligeantes dans le passé ou l’ignorance crasse du directeur des relations publiques de la marque ? Je n’en sais fichtrement rien et j’ai dû me résoudre à aller faire la queue chez Automobiles Niquet où la présidente, Sylvie, a accepté de me laisser faire une balade de 10 minutes, chrono en mains, au volant du précieux objet. DU TAUREAU DANS LES VEINES Pas facile de se faire une opinion en un laps de temps aussi court, mais quand on pratique ce métier depuis près de 50 ans, on arrive tout de même à apprivoiser le caractère de la bête. Avant d’emprunter le V10 de la Lamborghini Gallardo (compagnie parente d’Audi) dans une version plus élaborée déjà en préparation, le constructeur allemand a puisé à la même source pour le châssis de ladite voiture. Il suffit d’attaquer un virage bosselé à très haute vitesse pour en venir aux mêmes conclusions que lors de mon essai de la Gallardo. Le châssis en aluminium de type « space frame » diffuse les fortes inégalités du revêtement sous forme de claquements secs qui soulèvent chez moi des doutes sur sa solidité en cas d’usage intensif. À titre d’exemple, la Gallardo qui a servi à démontrer les performances de diverses voitures exotiques à des clients privilégiés au circuit Mont Tremblant l’an dernier a dû faire une visite à l’atelier pour un craquement du châssis. UN FREINAGE AHURISSANT Cela dit, la tenue de route n’en souffre nullement et la R8 exhibe un comportement assez neutre en conduite sportive. Et que dire du freinage qui est sans aucun doute la qualité maîtresse du nouveau fer de lance d’Audi. Il suffit d’effleurer la pédale pour avoir l’impression qu’un parachute vient de s’ouvrir à l’arrière ou que l’on vient de jeter l’ancre. J’irais jusqu’à dire qu’elle freine mieux qu’une Porsche 911, sa rivale avouée. Compte tenu que la boîte de vitesses automatique à mode manuel a été vertement critiquée pour son fonctionnement saccadé, j’étais heureux que la voiture essayée soit dotée de la boîte manuelle à 6 rapports. Ces derniers sont guidés dans une petite grille à encoches qui risque d’effrayer les néophytes, mais que j’aime beaucoup, ne serait-ce que parce qu’elle reproduit une caractéristique des Ferrari. AU JEU DES COMPARAISONSQuant au moteur, un V8 de 420 chevaux bien en vue sous le capot arrière translucide, il émet une jolie sonorité et possède suffisamment de puissance pour nous donner l’impression de conduire ce que nos chers cousins appellent un supercar. Avec une centaine de chevaux de plus qu’une 911 ordinaire et de moins qu’une Ferrari F430, on se retrouve avec un agréable entre deux. Ce positionnement s’avère encore plus appréciable quand on constate que le prix aussi suit la même logique. Elle n’est qu’un peu plus chère qu’une 911 tout en étant considérablement moins chère que les voitures rouges de Maranello. Un ami, propriétaire d’une F430, n’a pas aimé la R8, allant même jusqu’à dire qu’il lui préfèrerait une Porsche Cayman S à la moitié du prix, soit 75 000$ au lieu de 150,000$, le prix de ma voiture d’essai avec ses 10 000$ d’options. Il n’a pas tort quand on pense qu’il est de plus en plus difficile de se faire plaisir en voiture depuis que la répression policière est omniprésente. Votre plaisir durera 4,6 secondes puisque c’est le temps que met la R8 pour atteindre les 100 km/h suite à un départ arrêté. Je n’ai pas eu l’occasion de vérifier ce chiffre qui m’apparaît néanmoins très optimiste. Que dire de plus après 10 minutes au volant ? Que les tableaux de bord Audi sont moins fignolés qu’avant, que la R8 n’offre pratiquement pas d’espace pour les bagages et que malgré sa traction intégrale on hésitera à lui faire affronter nos hivers ? Sans doute, mais ce que je retiens c’est sa prestance, son facteur d’émerveillement, son allure d’automobile qui suscite l’envie et ce beau compromis entre une autre voiture de sport et un engin qui fait autant rêver que les Aston, Ferrari ou Lamborghini de ce monde.Opinions des membres Pas encore d'opinion Pour écrire une opinion, inscrivez-vous ou enregistrez-vous. |
|
| Dernière mise à jour : ( 1 mai 2008 ) |



