Mercedes-Benz SLK 2009 : Le superbe amalgame d’une GT et d’une sportive accomplie
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| Écrit par Jacques Duval | |
| 1 mars 2008 | |
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Si vous cherchez à remplacer votre roadster Mercedes-Benz SLK des dernières années pour un modèle paré d’enjolivures et de courbes rajeunies, n’en faites rien puisque la version 2009 que j’ai conduite lors de son lancement sur la Côte d’Azur ne risque pas de vous valoir un débordement de regards admiratifs. À moins d’être un spécialiste des « sept erreurs », vous aurez même de la difficulté à faire la différenciation, et ce, même si pas moins de 650 pièces (dixit Mercedes) ont été modifiées. Mais si vous trouvez que votre SLK manque un peu de mordant et de sportivité, prenez tout de suite rendez-vous avec votre concessionnaire Mercedes. Car, c’est à ce point de vue que le roadster de troisième génération mérite une belle salve d’applaudissements. J’irais même jusqu’à dire que la firme de Stuttgart a réussi l’un des plus beaux amalgames des dernières années en conjuguant les meilleurs attributs d’un coupé Grand Tourisme et ceux d’une voiture de sport.Le tour du propriétaireFaisons un rapide tour du propriétaire. Esthétiquement, l’avant et l’arrière ont été retouchés, mais si peu que le modèle actuel n’est pas du tout démodé. Le bouclier avant est probablement ce qui permettra au nouveau roadster de Mercedes de se démarquer grâce à cette échancrure centrale en forme de A ou de V inversé, un clin d’œil aux monoplaces de formule 1 de la marque allemande. À l’arrière, on ne précise pas trop ce que l’on a fait de différent, mais j’ai noté que la voiture paraissait plus large, ce qui lui donne un petit look de SL, sa grande sœur. Ne tombez pas en bas de vos sièges, mais permettez-moi d’ajouter que l’antenne de radio (une antiquité de nos jours) est plus courte, ce qui facilite la tâche dans les laves auto. Ah bon! À l’intérieur, en étant attentif, on note que le bloc du tableau de bord regroupant les instruments a été réaménagé avec, notamment, des aiguilles rouges. Bref, rien pour vous faire dresser le poil sur les bras.De la parade à la pisteL’aspect mécanique est heureusement une tout autre histoire et ce nouveau roadster SLK est une sorte de Dr Jekyll and Mr. Hyde. Ce petit coupé à l’allure tranquille peut lutter à armes égales avec ses concurrents que sont l’Audi TT, le BMW Z4 ou le Porsche Boxster.Je parle surtout ici de la version munie du nouveau moteur de 3,5 litres, un V6 qui, tout en développant 300 ch à 6 500 tr/min peut aussi s’offrir un régime aussi élevé que 7 200 tours tout en diffusant un bruit d’échappement tout à fait flambant. Ce gain substantiel de 33 chevaux provient de l’augmentation du taux de compression du moteur et de l’apparition d’une nouvelle tubulure d’admission. Et si jamais, ces 300 chevaux n’arrivaient pas à vous satisfaire, vous pourrez toujours vous tourner vers la SLK 55 d’AMG avec ses 360 chevaux. Néanmoins, même le modèle qui se contente du V6 de 3 L et 231 ch se débrouille habilement en totalisant 6,3 secondes pour rallier les 100 km/h contre 5,4 secondes, et cela, aussi bien avec la transmission automatique à 7 rapports qu’avec la boîte manuelle à six rapports.Je ne suis pas encore prêt à recommander ce dernier choix, car même si l’on a fait des progrès immenses chez Mercedes sous ce rapport, les boîtes de vitesses manuelles ne méritent pas encore 5 étoiles. Le guidage du levier, notamment, pourrait être d’une plus grande souplesse. L’automatique est par contre un modèle du genre avec des reprises foudroyantes et des passages de vitesses quasi imperceptibles. Par contre, si l’on choisit d’utiliser les palettes sous le volant, la boîte rétrograde instantanément, mais met plus de temps à grimper sur un rapport supérieur. Mercedes nous promet une vraie boîte robotisée (style F 1) dans un proche avenir et se contente pour l’instant d’offrir ce simulacre d’automatisation dont la commande de gauche est en plus gênée par la proximité du levier des essuie-glaces. Les plaisirs d’hierQuoi qu’il en soit, l’économie d’essence est devenue un précepte sacré, même chez Mercedes-Benz et on a longuement fait état lors du lancement de la consommation réduite des SLK. Ainsi, la 350 se rassasie désormais d’un litre et des gouttelettes avec sa moyenne de 9,5 L aux 100 km. Avec le moteur de 3 litres, la consommation a chuté à 9,3 L, soit de près d’un demi-litre selon les mêmes mesures. Puis-je préciser qu’à la façon dont nous avons mis la voiture à l’essai dans les cols de Braus et de Brouis, l’économie ne faisait pas partie de nos priorités. Mais quel plaisir d’enfiler les épingles les unes après les autres à tous les 100 mètres et de constater l’incroyable stabilité du nouveau roadster de Mercedes. J’ai eu vraiment toute la misère du monde à faire bouger le train arrière en plongeant dans les virages à des allures insensées. Je me suis souvenu d’avoir parcouru cette route incroyable (servant souvent au Rallye de Monte-Carlo) lors de mon essai de la fameuse Maserati Ghibli en 1968. Nous avions d’ailleurs fait une halte pour le petit déjeuner à Breil sur roya. Dans ce même décor de montagnes aux pics enneigés, la SLK a passé le test du freinage, des performances, de la tenue de route et de la direction sans le moindre commentaire défavorable de son conducteur ou de son passager.À propos de la direction, il convient de souligner la présence d’une nouvelle option appelée « direct steer » ou à assistance variable. Dans cette nouvelle extrapolation de Mercedes, on a éliminé les capteurs et les actuateurs pour s’en remettre à un fonctionnement purement mécanique et conséquemment plus fiable. En plus des bénéfices usuels (direction plus légère à l’arrêt qu’à une vitesse stabilisée), le rapport de la direction change selon l’angle du volant. Le résultat visible de ce changement est que le nombre de tours de volant d’une butée à l’autre a été réduit de 25 %. En conduite enjouée, cette direction est très vive tout en conférant à la voiture une plus grande maniabilité au moment de se garer. Malgré son efficacité, la suspension ne vous fait rarement payer la déprédation des revêtements et c’est ce qui permet à cette SLK d’osciller entre un comportement à la fois très civil et sportif. Les sièges sont certes accueillants, bien que je m’interroge toujours sur l’installation des boutons de réglage sur le côté des fauteuils plutôt que sur le haut des portières selon l’excellente tradition de Mercedes. S’ils sont quelquefois pénibles à régler, ces sièges bénéficient toujours de cette nouveauté qui m’avait beaucoup impressionné lors de l’introduction du précédent modèle. Je fais allusion au « air scarf », c’est-à-dire une petite fente soufflant de l’air chaud dans la partie supérieure du dossier des sièges, au niveau du cou. On pourra ainsi bénéficier de la conduite à ciel ouvert au moins deux mois de plus par année tellement ce système permet de jouir des attraits d’un cabriolet pour une plus longue période sous notre climat nordique.« Jhe parle pas franssais »Autant j’adore cette dernière trouvaille, autant j’abhorre ce que Mercedes appelle son Linguatronic, ce dispositif de commandes vocales qui doit vous permettre de vous entretenir avec la voix mystérieuse qui fera fonctionner votre téléphone, le système de navigation ou l’appareil de radio. En premier lieu, le système ne répond pas aux commandes en français, du moins pas celui qui équipe ma propre Mercedes C350 4-Matic et son utilisation est tellement complexe qu’il vaut mieux ignorer cette option parfaitement inutile. Comment il se fait que la haute technologie de la firme allemande ne soit venue à bout de ce problème alors que les Japonais ont mis au point des systèmes identiques fonctionnant à merveille? La parole est à Mercedes. Un peu plus et j’oubliais de vous parler du toit rigide qui est devenu pratiquement la norme chez les cabriolets et qui fut introduit par Mercedes-Benz avec la première édition de la SLK en 1996. Oui, je sais, Ford a déjà produit un modèle du genre, mais c’est la marque germanique qui a perfectionné ce genre de couvre-chef dont la mauvaise habitude est de rendre le coffre quasi inutilisable lorsqu’il y est remisé. Mine de rien, le petit roadster SLK s’est taillé une tout autre réputation qu’à ses débuts. Désormais, ce qui n’était qu’un sympathique coupé/cabriolet d’une nature plutôt amorphe dont la clientèle était en majorité féminine est devenu une voiture de sport aguerrie sans pour autant perdre sa vocation grand Tourisme. La recette originale a plu puisqu’il s’est tout de même vendu un demi-million de roadsters SLK depuis son apparition en 1996. Avec la double personnalité de ce nouveau modèle, les chiffres n’ont pas fini de croître.
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| Dernière mise à jour : ( 1 mars 2008 ) |



