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Toyota Venza : un modèle hors catégorie  Populaire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Jacques Duval   
11 novembre 2008

S'il faut en croire les hautes instances de Toyota, la marque japonaise vient de créer un véhicule inédit, un modèle sans concurrence qui n'appartient à aucune des catégories existantes. À mes yeux toutefois, comme aux vôtres sans doute, l'animal en question répond parfaitement à la définition de ce que l'on appelle depuis deux ou trois ans un « crossover » ou, en mauvais français, un véhicule multisegment. Or, Toyota se refuse à le décrire ainsi et pas une fois nous n'avons entendu le mot « crossover » durant toute l'heure qu'a duré la présentation à la presse de la toute nouvelle Venza dans les hauteurs de la Pennsylvanie.

« POUSSE, MAIS POUSSE ÉGAL »

On nous a plutôt martelés pendant ces 60 minutes le fait qu'il s'agissait d'un modèle qui va redéfinir le transport automobile tel qu'on le connaît en ce moment. Entre vous et moi, on pousse un peu et cette Toyota Venza conçue spécifiquement pour le marché nord-américain s'inscrit dans le même registre qu'une Ford Edge, une Mazda CX7 ou une Nissan Murano, c'est-à-dire un véhicule dont la base est celle d'une automobile (Camry dans le cas présent) à laquelle on a boulonné une carrosserie « accommodante », spacieuse à souhait, au profil élevé et une mécanique à laquelle on peut greffer la traction intégrale telle que maîtrisée par Toyota.

Pour garder le prix sur terre, on a aussi créé des versions à traction avant, tant du V6 de 3,5 litres (268 chevaux) que du 4 cylindres de 2,7 litres (182 chevaux). Sachant que la présence de 4 roues motrices entraîne ordinairement une hausse de la consommation, on sera rassuré d'apprendre que les roues arrière prennent congé lorsque les conditions n'exigent pas leur traction supplémentaire. Une transmission automatique à six rapports contribue aussi à contrôler la soif habituelle de ce type de véhicule. N'empêche que nous n'avons pas pu dupliquer les cotes de consommation publiées par Toyota.

Des 8,8 L aux 100 km annoncés avec le 4-cylindres AWD (traction intégrale), le chiffre de consommation moyenne a bondi à 10,9 L tandis que le V6 AWD voyait lui aussi sa cote grimper de 9 L aux 100 km à 12,5 L. On dira que l'on a sollicité davantage les véhicules que lors des tests officiels de consommation, mais nos chiffres sont néanmoins plus près de la réalité. De là à dire qu'une motorisation hybride serait souhaitable dans un tel véhicule, il n'y a qu'un pas. Hélas, Toyota ne semble pas prête à le franchir... « Du moins pas tout de suite », a-t-on répondu à  ma question à ce sujet.

CHÈRES, LES BOTTINES D'HIVER

Interrogés aussi sur l'absence d'une 3e banquette, les représentants de la firme japonaise ont préféré s'en tenir à 5 places très spacieuses plutôt qu'à 5 acceptables et deux étriquées. L'espace arrière est donc fort généreux tout comme l'emplacement réservé aux bagages. Un autre aspect de la Venza qui tient au désir de ses concepteurs d'en faire un véhicule très fréquentable est le seuil des portières qui bénéficie d'un plancher presque aussi bas que celui d'une automobile. Sans cette astuce, je ne suis pas sûr qu'il eut été possible de chausser le véhicule de pneus de 19 pouces dans sa version d'entrée de gamme et de 20 pouces avec le modèle à moteur V6. Le look y gagne, mais combien coûteront des bottines d'hiver dans ces dimensions hors catégories. Au moins, Toyota nous raconte que l'on est prêt à faire face à la demande avec un bon stock de pneus, fruit d'une entente avec Bridgestone.

Avec ses 7 coussins gonflables, sa banquette arrière 60/40, son dispositif de retenue en côte, sa transmission bimode et ses innombrables espaces de rangement, la Venza est bien pourvue. Elle peut l'être davantage (mais à quel prix ?) si on jongle avec la carte des options qui va du toit panoramique à la caméra de recul en passant par le hayon arrière assisté. À propos de prix, on nous a fait miroiter une possibilité d'accès à la gamme pour moins de 30 000 $ avec le 4-cylindres traction avant. On dépassera sans doute les 40 000 $ avec une Venza V6 AWD agrémentée de toutes les garnitures possibles. C'est sans doute pour cette raison que l'on en parle comme d'une voiture destinée à fidéliser la clientèle le plus longtemps possible en commençant avec la Yaris, suivi d'une Corolla, d'une Camry, d'une Avalon et d'un Venza. 

CONFORT ABSOLU

À l'usage, on découvre un véhicule d'une grande facilité de conduite qui se fera apprécier lors de longs déplacements en famille. Rien de tel pour partir 2 ou 3 semaines en vacances pour la Floride en plein hiver avec des amis ou de jeunes enfants. Le confort est absolu.

Avec le 2,7 L tracté , l'adhérence n'est pas terrible et il n'est pas difficile de faire patiner les roues avant. On détecte aussi un léger effet de couple même si l'on a que 182 chevaux sous le pied droit. La clientèle en quête d'une Venza pas trop chère serait bien avisée d'opter pour la traction intégrale. Le moteur est souvent en quête du bon rapport en côte, mais on finit par s'y habituer. Le V6 est plus gourmand, mais surtout un peu rugueux à moyen et haut régime.

Si le confort est louable, la tenue de route est acceptable pour un véhicule d'un tel gabarit. Grâce à une direction très précise, la Venza est d'une belle maniabilité et s'inscrit en courbe à des vitesses que l'on croirait exclusivement réservées à des sportives.À l'intérieur, l'écran de la caméra de recul est carrément trop petit et trop éloigné pour être vraiment apprécié. Le problème se résorbe avec l'option du GPS qui donne droit à un écran plus grand, mais encore là à quel prix? En revanche, le levier de vitesse planté dans la partie inférieure du tableau de bord (comme dans la Yaris) est une bonne idée que tout le monde devrait imiter.

Malgré cette large étendue de plastique noir qui recouvre un tableau de bord très profond, la qualité de la finition est celle d'une voiture de luxe. Visibilité, ergonomie et ambiance à bord sont d'autres détails qui ne passent pas inaperçus.Qu'il s'agisse d'un multisegment ou d'un véhicule inventé de toutes pièces par Toyota pour les besoins d'un marché qui se cherche, la Venza est ce que j'appellerais la voiture familiale par excellence. Si vous pensez que l'automobile est un mal nécessaire, c'est en plein pour vous. Bref, c'est une Toyota, que dire de plus?


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Dernière mise à jour : ( 22 novembre 2008 )
 
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