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Chevrolet Camaro 2010 : ce n’est que partie remise!  Populaire Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sylvie Rainville   
10 décembre 2009

Avec sa nouvelle Camaro, le constructeur a su nous laisser sur notre appétit. Trois années se sont écoulées depuis sa première apparition, dans sa version conceptuelle au Salon de Détroit, jusqu’à sa mise en marché cette année. Et quand l’occasion de faire l’essai du véhicule s’est présentée, je ne tenais plus en place.  Cependant, j’ai eu droit à une double déception. Le modèle était équipé de la boîte automatique et du petit moteur. Mais pas de pneus d’hiver. Évidemment, la première neige s’est mise à tomber le jour même. Et il a neigé tout le reste de la semaine…

Vêtue de sa robe d’un jaune flamboyant et ses grosses roues de 20 po, il faut avouer qu’elle a toute une gueule. Sa ressemblance avec le modèle V8 est à s’y méprendre – il ne manque que le logo SS. Le problème, c’est qu’avec le V6, elle n’est pas très forte en gueule.  Non pas que la puissance ne soit pas au rendez-vous.  La cavalerie compte 304 chevaux. Mais avec une voiture de ce type, on s’attend à un rugissement à la pression de la pédale d’accélération.  Dans ce domaine, Ford a mieux réussi avec sa Mustang, qui laisse entendre une agréable musique, même dans sa version à six cylindres. J’ai hâte d’écouter celle de la Camaro V8.

Au volant de la Camaro, vous ne passerez pas inaperçu. Elle attire les regards. Certains voudront même se mesurer à vous.  C’est ce que j’ai pu constater la seule journée où Dame nature m’a permis de m’amuser un peu – la dernière de la semaine. Au feu rouge, un automobiliste qui attendait dans la voie parallèle a commencé à donner des coups d’accélérateur, espérant j’imagine une bataille en règle ou du moins, une riposte sonore. Mais imaginez son désenchantement quand je lui ai fait comprendre que le ramage de la Camaro ne se rapportait pas à son plumage. 

Cependant, cette motorisation moderne dotée de l’injection directe offre des bonnes performances, même avec la boîte automatique qui permet une accélération 0-100 km en un peu plus de 6,5 secondes.  Personnellement, je ne choisirais jamais la boîte automatique pour un véhicule de ce type. Néanmoins, tous les goûts sont dans la nature.  L’apport en couple est correct, mais on le souhaiterait plus généreux.  Le V6 développe une puissance de 304 chevaux, mais un couple de 273 lb-pi. La boîte manuelle permet sans doute de mieux exploiter la puissance du moteur.

Côté conduite, GM a su recréer le style d’antan des voitures musclées. Mais la nouvelle Camaro, grâce à sa suspension indépendante, se débrouille mieux        que son ancêtre dans les virages.  La direction est précise et bien dosée. Les départs se font de façon linéaire. Les freins à disque immobilisent sans effort la lourde voiture (1 705 kg), et le roulement est fort confortable sur les longs trajets.

Malheureusement, la Camaro à l’essai a dormi dans mon entrée pendant presque toute la semaine.  Il faut avouer que les immenses roues en alliage chaussées de pneus d’été de performance ne font pas bon ménage avec les routes enneigées. En outre, les systèmes électroniques de contrôle de la stabilité et de la traction, qui font habituellement un excellent travail pour garder la voiture à propulsion sur son itinéraire, ont vite découragé mes ardeurs.  

 

Ces dispositifs offerts de série réagissent tout autrement sur la neige ou la glace sans la présence de pneus d’hiver. Au moindre signe de patinage, l’antipatinage (contrôle de la traction) se met en action pour freiner ses ardeurs. Même chose pour le Stabilitrak (contrôle de la stabilité) dont la fonction est de maintenir le véhicule dans sa trajectoire.  Ce dernier  exerce une force précise sur le ou les freins appropriés lorsqu’il détecte une différence entre l'angle du volant et la direction du véhicule.  Bref, la voiture avançait avec peine.  Tant et si bien que lorsqu’une dame impatiente, au volant d’une Toyota Tercel, m’a klaxonnée pour me faire signe d’augmenter la cadence – quelle honte! – la belle Chevrolet a été ramenée illico au bercail pour un long repos. 

 

Il est possible de désactiver les systèmes électroniques, mais considérant la sensibilité de la poupe à décrocher sans leur protection, il valait mieux ne pas prendre de risques.

Petit bémol : en raison de ses dimensions généreuses et de la visibilité réduite par les imposants montants et par les glaces de petites dimensions, cette Chevrolet n’est pas la voiture idéale pour se faufiler dans la circulation.  Par ailleurs, sa banquette arrière repliable et sa grande capacité de chargement laissent faussement croire à des qualités utilitaires. Or, l’ouverture du coffre est tellement étroite qu’il vaut mieux éviter les visites au « Costco ». Quant aux places arrière, ne les réservez qu’à vos ennemis.

La Camaro se décline en trois modèles, soit les LS et LT à moteur V6 et la toute puissante SS à moteur V8. La version essayée, le 2LT au prix de 32 030 $, possède le même équipement de série que le LT, mais gagne en plus les baquets avant sport chauffants et les sièges en cuir. Par ailleurs, le modèle à l’essai était pourvu du groupe optionnel RS (Rallye Sport) à 1 705 $ qui comprend des phares à décharge à haute intensité avec effet halo, un aileron arrière et des feux arrière distincts ainsi que les roues de 20 po en aluminium poli (540 $).  La liste d’options incluait également le toit ouvrant électrique (1 195 $) et la fameuse boîte automatique à six rapports (1 435 $). Le total : 36 570 $. La version de base (LS) est offerte à partir de 26 995 $.

Tant qu’à y être, pourquoi ne pas opter pour « la totale » à 36 995 $.  Vous aurez droit au gros moteur V8 de 6,2 L jumelé à une boîte manuelle à six rapports S.V.P. Et ne me faites pas croire que vous désirez le V6 par souci environnemental ou en raison du prix du carburant. Si c’est le cas, oubliez les « muscle car » et tournez-vous vers les hybrides. Pour avoir le look et les sensations, il faut opter pour le sommet de la gamme.

En fait, deux moteurs V8 de 6,2 L sont proposés avec la Camaro SS : le L99 avec la boîte automatique et le LS3 avec la boîte manuelle. La puissance du moteur L99 est de 400 chevaux à 5 900 tr/min et son couple est de 410 lb-pi. à 4 300 tr/min. Mais attention! Équipé du LS3, la Camaro réveille une cavalerie de 426 chevaux. Et avec un couple de 420 lb-pi, on peut s’attendre à de vives accélérations et des départs fulgurants. Il ne reste qu’à espérer que la musique qui sortira de l’embout d’échappement sera aussi convaincante.  Cependant, je devrai m’armer de patience, car la SS ne sera relâchée dans la flotte de véhicules d’essais que cet été.  Ce n’est que partie remise!


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Dernière mise à jour : ( 22 décembre 2009 )
 
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