SOUVENIRS D’UN 8 MAI
May 4th, 2007On a beaucoup parlé de Gilles Villeneuve au cours des derniers jours puisque l’on s’apprête à commémorer le 25ème anniversaire de sa mort, suite à une envolée tragique sur le circuit de Zolder en Belgique. Comte tenu que beaucoup de jeunes n’étaient pas de ce monde quand Gilles a fait le saut dans l’autre, il est tout à fait approprié qu’on souligne dignement ce triste événement.
J’ai beaucoup milité à l’époque pour que nos gouvernements fassent quelque chose de tangible pour perpétuer sa mémoire, mais on est resté sourd à mes appels, pourtant appuyés par de nombreuses pétitions. À mon avis, il aurait fallu faire plus que de simplement donner son nom au circuit de l’île Notre Dame. Il me semble qu’il aurait eu droit à une autoroute, un boulevard, une place, bref un endroit qui va rester plutôt qu’un circuit qui, sait-on jamais, sera peut-être remplacé un jour par un lotissement immobilier.
Cela dit, je me souviens avec douleur de ce 8 mai fatidique de 1982. Je devais me marier le samedi suivant et ma future épouse et moi avions décidé de retarder la cérémonie pour nous donner un peu de temps afin de nous remettre de nos émotions. Bref, nous n’avions pas le cœur à la fête, même une semaine plus tard.
Le jour de sa mort, je devais continuer à faire la tournée des centres commerciaux pour démystifier la Formule 1 en pointant les diverses caractéristiques de la monoplace que l’on utilisait pour la circonstance. Le directeur de la promotion chez Labatt, Raymond Beaulieu, m’avait téléphoné pour me dire que la présentation serait annulée. L’instant d’après, TVA m’informait que l’on préparait une émission spéciale sur la disparition de Gilles Villeneuve et que l’on avait besoin de mes services. Ce fut une journée bouleversante qui se prolongea toute la semaine suivante et jusqu’aux funérailles qui se déroulèrent à Berthierville, là où vivait la famille de Gilles . J’y étais puisque TVA avait décidé de diffuser la cérémonie en direct et m’avait demandé de collaborer à l’émission.
Toutes les figures connues de la politique, du cercle des affaires, du monde artistique et sportif étaient là même si plusieurs de ces individus jouaient les m’as-tu-vu au lieu de rendre hommage à un champion dont il n’avait jamais suivi les triomphes.
Heureusement, l’authenticité de l’admiration que suscitait Gilles Villeneuve me fut démontrée de manière beaucoup plus vibrante pendant le retour du cortège funèbre vers Montréal. Un jeune garçon d’une dizaine d’années s’était perché sur le garde-fou bordant l’autoroute, et tête baissée, casquette à la main, il avait respectueusement salué le passage de son héros. C’était une scène à garder en mémoire.




May 4th, 2007 at 7:38 am
Je me rappele de cette journée fatidique…j’avais alors 12 ans,et nous étions en voiture…mes parents soeurs et moi.
Nous revenions d’une visite dans la famille,a la campagne lorsque la nouvelle fut diffusée sur les ondes de ckac…et les jours qui ont suivis me semblaient irréel,il me semblait impossible que ce soit vrai,pas Gilles…notre Gilles..enfin…un bien mauvais souvenir,mais pas assé mauvais pour me faire oublier sa détermination,sa hargne,sa soif de vaincre….a tout prix…qui peut oublier la course qu’il a terminé sans son aileron avant…il n’en tiens qu’a nous de ne pas laisser sombrer dans l’oubli les exploits de ce grand homme, grâce a qui la formule 1 est encore si populaire au Québec aujourd’hui…
Salut Gilles!
May 5th, 2007 at 12:44 am
Je me souviens du 8 mai 1982 comme si c’était hier…
J’étais pourtant jeune, à peine 10 ans. Ce que je vais raconter est la pure vérité et me hante encore parfois.
Mon oncle Normand m’a transmis sa passion de la course automobile dès ma naissance. Et qui dit course automobile, dit: Formule Un. Tous les cadeaux que me donnait mon oncle, que ce soit à mon anniversaire ou à Noel, avaient un lien avec la course automobile (cahier avec la photo de Gilles, peitites autos de courses, chandail Ferrari, etc…). Des ces cadeaux, un seul me tenait vraiment à coeur: Un petite F1 aux couleurs de celle de Gilles Villeneuve. Je regardais presque tous les Grand Prix. Ce 8 mai 1982, j’étais au sous sol de mes parents et je jouais aux petites autos avec mon ami d’enfance Dominic. J’avais en main ma petite F1 que je refusais de prêter même à Dominic. À un certain moment nous décidons de créer un gros accident d’autos. Je fais donc virvolter ma petite F1 en disant: “Gilles Villeneuve vient de faire un gros accident. Ah non, Gilles Villeneuve est mort!”
Sur ce, ma mère descend au sous-sol et me crie: “Martin, Martin, Gilles Villeneuve a eu un gros accident!” Je n’y croyais pas. Je monte alors à l’étage et m’installe devant la télé où il y a une émission spéciale. Je suis frappé par cette nouvelle. Je reste figé au téléviseur jusqu’à ce que la nouvelle tombe: Notre Gilles est mort. Pendant que mon ami m’attend toujours au sous-sol, j’ai les yeux dans l’eau en croyant que c’est moi qui a causé sa mort.
Je redescend au sous-sol et d’un geste à peine réfléchis, je donne ma petite F1 (ma préférée) à mon ami et lui dit: “Tiens, j’en aurai plus besoin.”
Merci Gilles pour m’avoir fait apprécié cette passion de la course automobile. Merci Gilles pour cette superbe mais trop courte carrière. Lorsque je pense à Gilles Villeneuve, je me rappelle le GP du Canada en 1981 où Gilles a terminé 3e avec une voiture sans aileron avant. Je me rappelle de ce GP de France où Notre Gilles a offert une lutte hypique avec René Arnoud (la plus spectaculaire lutte de Formule Un encore à ce jour). Je me souviens aussi ce Grand Prix du Japon ou la voiture de Gilles est partie en vol plané avant d’atterir dans la foule, tuant plusieurs personnes. Je me souviens des dernières paroles publiques de Gilles après son dernier Grand Prix alors que Didier Pironi, son coéquipier, l’a dépassé alors que Enzo avait donné l’ordre aux pilotes de garder leur position. “On nous avait dit de terminer la course dans nos positions respectives, et ce con là me dépasse.” Aucun homme n’aura su me faire tripper autant que Gilles Villeneuve.
Merci encore Gilles.
May 5th, 2007 at 2:25 am
Je m’en souviens très bien puisque j’habitais Berthierville à l’époque. Je me souviens que les chroniqueurs parlaient de mort cérébrale à la radio. On repassais également sans cesse les mêmes images à la télé. Je ne connaissais pas vraiment sa détermination à l’époque (j’avais 13 ans). Je me souviens par contre de la longue file sur le trottoir du boul. Giroux pour se recueillir une dernière fois sur sa tombe. Et j’étais impressionné parce qu’on parlait de mon village à la télé. Malheureusement pas de façon joyeuse…
May 5th, 2007 at 6:23 pm
je ne men souvient pas, étant né le 19 juillet 81, je n’avais meme pas un an. Mais quelle triste histoire !
May 6th, 2007 at 4:59 pm
Mais qu’est ce qui est arrivé exactement menant à l’accident? Erreur de pilotage? Il me semble avoir lu qu’il avait été coupé…. juste ou pas?
May 7th, 2007 at 12:32 am
Gilles avait le couteau entre les dents et tentait de battre le temps de son co-équipier Didier Pironi qui l’avait devancé au précédent Grand PRIX. Arrivé à la hauteur de Jochen Mass, il croyait que ce dernier allait le laissé passer, mais il ne l’avait pas vu arrivé par derrière. Il s’est donc rabattu à l’endroit où Villeneuve s’apprêtait à passer et ce fut l’accident. Pas une erreur de pilotage, mais sans doute un peu beaucoup de bravade de la part de Gilles.
Pendant que sa voiture se désintégrait, la ceinture s’est brisée et Gilles est parti en vol plané comme une poupée. Il s’est affaissé au bas d’un talus, la colonne vertébrale fracassée.
Voilà la triste histoire de cet accident.