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Le blogue de Jacques Duval

EN ROUTE VERS LA FORMULE 1 

December 4th, 2007

Je l’ai rencontré il y a eux semaines alors qu’il était, comme moi, l’un des invités à l’émission de Mario Langlois « Passion Sport » à la télé de Radio Canada. Un jeune garçon simple, gentil du nom de Pier-Luc Ouellette. Il venait s’entretenir de son prochain voyage dans les Émirats Arabes Unis où il allait disputer la finale du championnat du monde de karting sur le circuit de Dubaï. Ce n’est pas rien. Déjà couvert de multiples triomphes un peu partout en Amérique, ce jeune de Terrebonne allait se mesurer à l’élite mondiale. Et vous savez quoi ?
Il a gagné haut la main face à 72 autres jeunes pilotes tous animés du même désir de vaincre. Il a été couronné champion mondial de karting devant un Français et un Japonais. De là dire que l’on vient d’assister à la naissance d’un futur grand pilote de Formule 1 il n’y a qu’un pas que je n’hésiterais pas à franchir. Bonne tête, belle disposition et du talent à revendre. J’ai appris la nouvelle par un communiqué de presse qui n’a malheureusement pas eu d’écho ni à Radio Canada, ni dans La Presse. On accorde toute la place à la 42ème position de Villeneuve en stock-car et on va même jusqu’à dépêcher sur place un envoyé spécial. Pourtant, la nouvelle de l’exploit de Pier-Luc Ouellette est à mon sens beaucoup plus importante. Pas connu, donc pas de place pour lui. Et ainsi va la vie dans nos chers médias obnubilés par les gros noms et les vedettes même en fin de carrière. Je tire tout de même mon chapeau à Pier-Luc et j’ai hâte de le voir au départ d’un Grand Prix de Formule Un.

LA BROCHE À FOIN DE HONDA 

June 11th, 2007

Si le dicton « win on Sunday, sell on Monday » est vrai, je ne voudrais pas être un concessionnaire Honda à la suite du Grand Prix du Canada. Comment une compagnie reconnue pour la qualité de ses moteurs, sa fiabilité et son génie créateur peut-elle se contenter des résultats honteux qu’elle aligne en Formule 1 depuis plusieurs années déjà ? À part une saison 2006 enfin prometteuse, on est retombé dans une médiocrité gênante qui se solde par une seule victoire (celle de Button l’an dernier) depuis le retour de la marque nippone en Formule Un. Doit-on se fier aux contre-performance de Honda sur la piste pour juger de la valeur de ses voitures de série ? Si oui, j’ai rarement vu un constructeur aussi broche à foin que celui-là en fin de semaine au circuit Gilles Villeneuve. Jenson Button, incapable de prendre le départ à cause d’une transmission défectueuse et Barichello qui se classe bon dernier. C’est l’insulte suprême dans les deux cas. Au lieu de fêter sur la rue Crescent, les mécanos et maîtres à penser de la firme auraient mieux faits de travailler de manière à amener une voiture prête pour le combat sur la ligne de départ. Une telle incompétence dans une compétition de si haut niveau ne laisse présager rien de bon pour l’utilisateur d’une voiture de route. Si l’on est pas capable de fabriquer une F1 capable de rouler un mètre, qu’en est-il des autres réalisations de la compagnie ? Je devais acheter une Honda pour ma conjointe, mais là je vous jure que je me pose des questions. Non pas que j’ai peur de tomber sur un citron, mais je ne veux pas que mon argent serve à financer la bande d’attardés mentaux qui mènent cette écurie de F 1. Vous me direz que la F1 est loin de la voiture de série et qu’il n’y a aucune connotation entre les deux. Si c’est vrai, alors dites moi pourquoi Honda nous inonde de commerciaux télé et de publicité un peu partout traitant de l’importance pour la marque de profiter des enseignements de la Formule Un pour construire de meilleures voitures de série. En somme, c’est à n’y rien comprendre et Honda aurait intérêt à rentrer à la maison la tête dans le sable et d’y apprendre à construire une voiture de Formule Un avant de venir se couvrir de ridicule sur les circuits.
P.S. On pourrait presque en dire autant de Toyota, une autre écurie qui fait très deux de pique avec le 2ème plus gros budget du plateau et des résultats de misère. Bref, messieurs les japonais, concentrez-vous sur ce que vous savez le mieux faire (des voitures de promenade) et confiez vos milliards de dollars à soulager la faim dans le monde. Ce sera beaucoup plus apprécié que vos mascarades en F1.

LE GRAND PRIX DES M’AS- TU-VU 

June 7th, 2007

C’est la semaine du Grand Prix, à moins que ce ne soit celle des m’as-tu-vu. Pendant toutes les activités reliées à l’évènement et dans les loges du circuit Gilles Villeneuve, on va voir un tas de gens qui ne sont là que pour être vus et qui se fichent de la course automobile comme de leur première couche. Ils ont leur cellulaire à portée de main et placent des appels à leurs connaissances et amis afin de leur faire entendre le vroum vroum du cirque à Bernie. Cette ambiance, je vous l’avoue, me tape royalement sur les nerfs et j’ai de moins en moins envie de frayer parmi cette foule de pitounes et d’hommes d’affaires qui auraient tant voulu être des artistes («Le blues du business man », de Claude Dubois). Ils se promènent d’un loge à l’autre en serrant des mains et n’ont aucune idée d’où vient et où s’en va Heikki Kovalainen. Ce pourrait être la nouvelle recrue du Canadien quant à eux.
Est-il besoin de préciser que le sport est loin de tout ça et que l’on est ici dans le royaume de la haute finance. Et comme, en plus, les courses sont 99 fois sur 100 d’un ennui profond, où est l’intérêt ? Alors qu’avant j’attendais la visite des boys de la F1 à Montréal avec beaucoup de fébrilité, leur arrivée chez-nous commence à me déranger. J’aurais envie de disparaître et de ne revenir qu’une fois la troupe repartie. Il y a aussi les journaux qui se pâment devant des âneries et qui consacrent des pages entières à l’évènement alors qu’il n’y aura pas deux lignes sur une autre course importante la semaine suivante, quelque part dans le monde. C’est l’évènement mondain, le happening qui déplace un journal, pas le sport automobile.
Malgré le fait que j’aie été l’instrument principal dans la construction du circuit Mont Tremblant, le principal artisan d’une course de F1 dans les îles et le premier président de l’Automobile Club de l’Île Notre Dame qui organise le Grand Prix, on a réussi à me distancer d’un sport qui a pris une tournure tellement lointaine de son esprit original que j’en arrive à décrocher. Et vous ?

L’INDÉCHIFFRABLE FORMULE 1 

May 14th, 2007

Permettez que je discoure un peu sur un sport auquel je m’intéresse depuis près de 50 ans, un sport qui m’a toujours passionné, bien qu’il ne m’ait vissé à mon siège qu’en de trop rares occasions depuis qu’il a été dépassé par la technologie.
Après un début de saison de bon augure, la Formule 1 est retombée à plat avec son dernier Grand Prix , celui d’Espagne. Difficile de trouver quelque chose de plus plate à regarder à la télé en ce beau dimanche. On a beau être un enragé de la course automobile, il y a des limites à gaspiller son temps à regarder un écran montrant des voitures qui ont l’air d’aller vite et qui semble téléguidées tellement elles apparaissent faciles à conduire.
Justement, à ce propos, ne trouvez-vous pas étrange qu’un débutant comme Lewis Hamilton qui n’a que 4 Grands Prix dans sa manche d’apprenti de la F1 soit en tête du championnat du monde ? Étrange aussi qu’il ait terminé à deux reprises devant le champion du monde, l’hyper talentueux Fernando Alonso ? Aucun de nos grands analystes ne l’avait vu venir. Quant à la petite merveille finlandaise, Kimi de son prénom, ne devait-il pas prendre la place de Schumi et donner des leçons de conduite à Massa ?
Or, ce dernier lui fait avaler sa Finlindai de travers depuis le début de la saison. Des fois, je me pose la question suivante : «les formules 1 modernes ne seraient-elles pas incroyablement faciles à piloter ? C’est l’impression que l’on a en les voyant évoluer. Presque jamais de dérapage, des départs très propres, des voitures qui roulent sur des rails au volant desquelles on retrouve des néophytes dont on n’avait jamais entendu parler autrefois et qui roulent à des allures folles sans grande expérience ?
Quant on analyse froidement la situation, force est d’admettre que ce sont les analystes de ce sport qui se sont endormis à leurs pupitres avec une coupe de champagne à moitié vide devant eux. Ces gens là n’ont rien vu venir et ont répétés les mêmes âneries qu’à l’habitude : « Hamilton est un choix discutable de la part de McLaren, mais il apprendra sur les traces d’Alonso… », « Kimi, maintenant avec une voiture fiable, va reprendre là où Schumacher a laissé… » « La saison s’annonce terriblement excitante »…Jusqu’ici, rien de toutes ces savantes prédictions n’a tenu le coup, à l’exception de quelques moments inspirants en début de saison. Ce que j’aimerais savoir maintenant, c’est qui est-ce qui tient la télécommande de la voiture victorieuse chez McLaren et chez Ferrari.
Le championnat est entre leurs mains, pas entre celles des pilotes ou des analystes.

SOUVENIRS D’UN 8 MAI 

May 4th, 2007

On a beaucoup parlé de Gilles Villeneuve au cours des derniers jours puisque l’on s’apprête à commémorer le 25ème anniversaire de sa mort, suite à une envolée tragique sur le circuit de Zolder en Belgique. Comte tenu que beaucoup de jeunes n’étaient pas de ce monde quand Gilles a fait le saut dans l’autre, il est tout à fait approprié qu’on souligne dignement ce triste événement.
J’ai beaucoup milité à l’époque pour que nos gouvernements fassent quelque chose de tangible pour perpétuer sa mémoire, mais on est resté sourd à mes appels, pourtant appuyés par de nombreuses pétitions. À mon avis, il aurait fallu faire plus que de simplement donner son nom au circuit de l’île Notre Dame. Il me semble qu’il aurait eu droit à une autoroute, un boulevard, une place, bref un endroit qui va rester plutôt qu’un circuit qui, sait-on jamais, sera peut-être remplacé un jour par un lotissement immobilier.
Cela dit, je me souviens avec douleur de ce 8 mai fatidique de 1982. Je devais me marier le samedi suivant et ma future épouse et moi avions décidé de retarder la cérémonie pour nous donner un peu de temps afin de nous remettre de nos émotions. Bref, nous n’avions pas le cœur à la fête, même une semaine plus tard.
Le jour de sa mort, je devais continuer à faire la tournée des centres commerciaux pour démystifier la Formule 1 en pointant les diverses caractéristiques de la monoplace que l’on utilisait pour la circonstance. Le directeur de la promotion chez Labatt, Raymond Beaulieu, m’avait téléphoné pour me dire que la présentation serait annulée. L’instant d’après, TVA m’informait que l’on préparait une émission spéciale sur la disparition de Gilles Villeneuve et que l’on avait besoin de mes services. Ce fut une journée bouleversante qui se prolongea toute la semaine suivante et jusqu’aux funérailles qui se déroulèrent à Berthierville, là où vivait la famille de Gilles . J’y étais puisque TVA avait décidé de diffuser la cérémonie en direct et m’avait demandé de collaborer à l’émission.
Toutes les figures connues de la politique, du cercle des affaires, du monde artistique et sportif étaient là même si plusieurs de ces individus jouaient les m’as-tu-vu au lieu de rendre hommage à un champion dont il n’avait jamais suivi les triomphes.
Heureusement, l’authenticité de l’admiration que suscitait Gilles Villeneuve me fut démontrée de manière beaucoup plus vibrante pendant le retour du cortège funèbre vers Montréal. Un jeune garçon d’une dizaine d’années s’était perché sur le garde-fou bordant l’autoroute, et tête baissée, casquette à la main, il avait respectueusement salué le passage de son héros. C’était une scène à garder en mémoire.



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