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Le blogue de Jacques Duval

DE L’HÔPITAL AU PODIUM 

June 8th, 2008

Déjà que les gens de BMW affichent une attitude hautaine, nul doute qu’ils ne porteront plus à terre après cette fin de semaine. Un magnifique doublé qui, par ailleurs, ramène sur terre certains fanatiques trop exhubérants de la sacro-sainte écurie Ferrari. Comme toujours, le Grand Prix du Canada a été fidèle à sa réputation en amenant sur le podium un trio de pilotes que les meilleurs statisticiens de Vegas ne voyaient pas là. Kubica, oui en raison de ses antécédents cette année, mais Heidfield et Coulthard, c’est l’étonnement. Soulignons en passant que Kubica s’était retrouvé à l’hôpital l’an dernier suite à une spectaculaire sortie de piste pour se retrouver cette année sur la plus haute marche du podium.

Côté intérêt, je dirais que ce fut mitigé. Le mauvais état de la piste avait mis du suspense dans la course mais je me demande encore une fois où commence la véritable question de sécurité et où se termine l’acharnement sur le circuit Gilles Villeneuve. « Montréal est l’endroit où nous aimons le mieux courir » disent les pilotes. Alors, là faites vous une idée ! De toute manière, ce coup, monté en épingle ou non, a eu l’effet espéré, soit de river queqlues milliers de personnes de plus devant leurs téléviseurs juste pour voir si l’on n’assisterait pas à un « gros accident » au départ du Grand Prix.

Dernière question: est-ce qu’il se vendra plus de BMW ce lundi matin et moins de Ferrari suite aux résultats de la course. Je pense que ceux qui défendent cet argument seront confondus comme dirait le regretté Capitaine Bonhomme.

QUELLE SEMAINE! 

June 6th, 2008

Chaque année, c’est le même manège. Je me dis que je vais profiter de la semaine du Grand Prix pour relaxer, m’amuser et ne pas trop travailler. Or, chaque année, je ne sais plus où donner de la tête, car, en plus des besognes habituelles, les à-côtés du Grand Prix viennent me kidnapper et mes journées s’éternisent.

Je vous fais grâce du train-train quotidien pour vous raconter que mardi matin, la nouvelle de la fermeture de 4 usines GM vouées à la construction de camions a fait les manchettes. On m’a demandé d’aller donner mon point de vue au canal Argent avec Georges Pothier. « La situation est inquiétante » ai je dit et « il ne serait pas surprenant qu’un des « trois» grands disparaissent dans cette crise déjà amorcée par la récession américaine et exacerbée aujourd’hui par le prix de l’essence. Nul doute que nos voisins vont faire comme dans les années 70 et ramener la vitesse à 55 mph, ce qui n’est pas gai. La bonne nouvelle est que GM va accélérer la mise en marché de la Volt entièrement électrique. Si elle est aussi bonne que la Hy-Wyre que j’ai essayé il y a quelques années dans le sud de la France, on peut s’attendre à une agréable surprise. Quant à la marque qui risque le corbillard, je pense d’abord à Ford qui a trop misé sur les camions et qui devra en payer le prix.

Le soir même de l’alerte GM, Jacques Villeneuve venait rencontrer les débatteurs de 110 %, soit Daniel Poulin, Réjean Tremblay et votre humble serviteur. Une émission où l’ex-champion du monde s’est montré fort sympathique et sans aucune prétention. À la question « quelle voiture conduisez-vous à Montréal ? il a répondu diplomatiquement qu’il prenait des taxis. Après que je lui ais souhaité le merde traditionnel en vue des 24 Heures du Mans, Jacques Villeneuve m’a donné une franche et éloquente poignée de main, démontrant qu’il savait accepter la critique, pourvu qu’elle ne côtoie pas l’insulte. Je lui souhaite la triple couronne (Indy, championnat du monde F1 et les 24 heures du Mans) qui est à mon sens le plus beau fleuron qu’un pilote automobile puisse souhaiter.

Mercredi, j’étais invité à déguster les vins du pilote Toyota Jarno Trulli, mais comme j’ai horreur de boire tôt le matin, j’ai passé mon tour. Je me suis plutôt gardé frais et dispos pour ce jeudi 5 juin, le jour où Noël est arrivé pour moi. En effet, un Porschiste endurci s’est offert le plus beau joujou que l’on puisse souhaiter, une GT2 et m’a invité à être parmi les premiers à l’essayer sur le circuit de ICAR à Mirabel. Le Nirvana, rien de moins couronné par une séance de photos dans un hélico de Hélibellule avec moi aux commandes surveillé par un instructeur. Je vous parlerai plus longuement du bijou de M.Bois et surtout de sa générosité. Demain, c’est la réception la plus courue du Grand Prix, le 7 à 9 de Ferrari Québec avec pilotes, mécanos et tout ce que Montréal compte de Ferraristes. Quelle semaine…et ce n’est pas fini.

LE CIMETIÈRE DES ACCESSOIRES 

June 2nd, 2008

Après le cimetière du disque et le cimetière de l’auto, je pense que je vais devoir en créer un troisième : le cimetière des accessoires inutiles ou des technologies farfelues. J’y enfouirais en premier lieu le fameux système de stationnement parallèle apparu en grande première sur la dernière Lexus LS, la 460.

Dès sa sortie, j’étais au dévoilement en Autriche à regarder un représentant de Lexus en faire la démonstration. Rarement avais-je assisté à un exercice aussi peu convaincant. Ce monsieur, qui avait dû pratiquer des centaines de fois, a dû se reprendre à deux reprises pour réussir (le mot est fort) son petit numéro. Après, ce fut au tour des journalistes qui n’en finissaient plus de se reprendre et d’éterniser leur apprentissage. J’en ai tout de suite conclu à l’accessoire dont tout le monde va parler, mais dont personne ne saura comment se servir. Et c’est exactement ce qui est arrivé.

J’ai conduit une Lexus LS 600 h au cours du dernier mois et jamais il ne m’est venu à l’idée de m’en remettre à ce gadget pour garer la voiture. On m’insulte assez souvent pour des broutilles sans ajouter à cette rage au volant latente chez chaque automobiliste.
À la télé, dans les messages publicitaires de Lexus, c’est impressionnant, mais on devrait sans doute écrire au bas de l’écran « professionnel au volant, ne pas tenter l’expérience soi-même ».

Il faut en effet une bonne dose de patience et une réserve infinie de civisme pour attendre de longues minutes pendant que le riche automobiliste devant vous tente sans succès de caser sa foutue bagnole dans l’espace qu’il a sélectionné. Bref, cela ne se fait pas en criant ciseau et j’irais même jusqu’à dire que c’est une galéjade.
Un autre accessoire de plus en plus répandu et insupportable est l’avertisseur de

changement de voie que j’ai d’abord expérimenté sur une Infiniti M35. Cela semble logique jusqu’à ce que l’on découvre que l’on croise fort souvent une ligne continue de manière intentionnée. C’est même quelquefois pour des raisons de sécurité que l’on décide de le faire. Un bip vient alors vous rappeler ce que vous savez déjà, soit que vous avez franchi une ligne continue et changer de voie. Dans mon cas, j’ai dû me résoudre à le débrancher tellement j’ai trouvé cet accessoire agaçant et, dans la plupart des cas, inutile. Je pourrais aussi vous entretenir de ces rouleaux à pâte que l’on appelle des vibro-masseurs et qui vous taraudent le dos pendant que vous conduisez, mais je vous laisserai le soin d’allonger ma liste.

POUR EN FINIR AVEC LA VOITURE ÉLECTRIQUE 

May 30th, 2008

Depuis environ deux semaines, j’ai rarement vu et entendu autant de sottises dans les médias au sujet de la nécessité urgente de créer des voitures électriques. Ces mêmes médias se complaisent à frayer avec les verts, ces individus aux larges œillères qui veulent sauver la planète du triste sort qu’on lui réserve.

Plus le baril de pétrole prend de la valeur, plus les grands constructeurs sont accusés de grossière négligence pour leur inaction dans la mise au point d’automobiles à la fois économes et écologiques. GM, surtout, en prend pour son rhume de la part d’invités sortis d’on ne sait où et qui répètent toujours leurs arguments éculés, assorti du gros méchant qu’est le Hummer. Pour votre information messieurs, dames, ce pachyderme ne bouffe pas plus de carburant qu’une Bentley Continental, une Ferrari 599 et plusieurs autres modèles très nobles qui sont rarement immolés sur l’autel de la rectitude écologique.

On s’acharne sur GM sans savoir qu’il sera probablement le premier à offrir à sa clientèle une voiture 100 % électrique fonctionnant à l’aide de piles à combustible alimentées à l’hydrogène nommé Volt. Croyez-moi, je n’ai aucun atome crochu avec la marque et j’aurais plutôt mille raisons de la détester. Mais, je rends à César ce qui appartient à César, comme je l’ai toujours fait.

La voiture électrique sera donc parmi nous d’ici un an ou deux, mais il ne faut pas croire pour autant que l’on pourra s’en servir pour vaquer à ses occupations comme on le fait avec une auto à moteur à essence. Il s’agira avant tout de voitures urbaines qui auront l’avantage de dépolluer le centre-ville, de rendre la circulation plus fluide tout en diminuant le tintamarre motorisé propre à toutes les grandes villes. Il faut savoir en revanche que l’on ne remplacera pas d’un claquement de doigts les dizaines et dizaines de millions de voitures qui roulent sur la planète.

Surtout dans un climat comme le nôtre, n’allez pas croire que nous disposerons bientôt d’une voiture électrique avec le volume de chargement d’une auto conventionnelle, 4 roues motrices et tous les accessoires de luxe auxquels nous sommes habitués. La technologie n’est pas encore rendue là et ce ne sera pas demain la veille. Les batteries sont trop encombrantes et trop lourdes pour que l’on puisse envisager tous nos déplacements à partir d’une borne d’Hydro-Québec.

En attendant, une solution intéressante pour diminuer pollution et consommation serait d’instituer un malus pour les voitures ne répondant pas à un certain indice énergétique.
Par ailleurs, celles qui passent le test bénéficieraient d’un bonus financé par les revenus du malus. On pourrait aussi, comme on vient de le faire aux États-Unis, lancer un concours doté d’une prime considérable (10 millions de dollars par exemple) à l’individu ou l’entreprise capable de mettre au point une voiture pouvant transporter 4 personnes sur 300 km avec une consommation inférieure à 3 litres aux 100 km. Voilà des arguments positifs qu’il faut mettre de l’avant plutôt que de causer de mille et un sujets académiques.

JIM CLARK NE SERAIT PAS MORT… 

May 26th, 2008

L’Écossais Jim Clark, celui que tous les spécialistes inscrivent irrémédiablement au palmarès des dix meilleurs pilotes de l’histoire de la Formule 1, serait encore vivant s’il n’avait pas décliné l’offre d’un certain Mike De Udy de piloter sa Porsche 906 lors des 500 milles de Brands Hatch en mars 1968.

Je connais l’histoire (déjà racontée dans mon autobiographie) puisque j’avais été choisi comme le deuxième pilote de cette voiture. Sur le programme initial de la course, Jim Clark et moi devions être coéquipiers. « L’Écossais volant », comme on le surnommait, avait plutôt choisi d’aller disputer une course secondaire de Formule 2 qui se disputait le même jour sur le circuit de Hockenheim en Allemagne. Il fut remplacé par un autre pilote de formule 1, le Portugais Mario Cabral qui faisait un retour à la course automobile après un grave accident survenu lors d’un Grand Prix de l’année précédente.

Si je vous raconte cette histoire, c’est d’abord parce que les historiens ont choisi de l’oublier et qu’elle me permet de souligner le 40e anniversaire de la mort d’un champion méconnu (en plus de ses succès en F1, il a gagné les 500 milles d’Indianapolis). Certes, les fanatiques ne l’ont pas oublié, mais il n’a pas la même stature qu’un Senna, un Stewart ou un Fangio.

Pour revenir à la course que devait disputer Jim Clark à Brands Hatch, je n’oublierai jamais le silence prenant qui avait suivi l’annonce de son décès dans les haut-parleurs du circuit à l’heure du lunch. On n’avait pas eu à demander une minute de silence. Elle était venue tout naturellement, empreinte d’une tristesse infinie. Personne n’avait le cœur à la course, mais une heure plus tard j’étais sanglée dans la Porsche 906 alors que celui qui aurait dû être assis à ma place n’était plus de notre monde. C’est la seule erreur qu’aura commise Jim Clark.



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