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Le blogue de Jacques Duval

QUELLE SEMAINE! 

February 7th, 2010

Jamais encore l’actualité automobile n’avait occupé autant de place dans les médias qu’au cours de la dernière semaine. Je dirais que l’affaire Toyota avec toutes ses ramifications a même dépassé les quasi-faillites de GM et Chrysler l’an dernier sur le nombre de manchettes dans les journaux. Et ce n’est pas terminé car je suis persuadé que bien d’autres lapins vont sortir du chapeau au cours des prochaines semaines. Une chose est sûre : Toyota n’en mourra pas, car elle possède une clientèle très loyale.
Dans un tout autre domaine, j’ai passé une semaine dans la toundra en prenant part à l’Expédition Arctique Smart, une petite randonnée de 7 500 km s’échelonnant de Kelowna en Colombie-Britannique jusqu’à Inuvik dans les Territoires du Nord-Ouest avec retour sur Vancouver.
Mercedes voulait ainsi prouver que ses petites Smart pouvaient affronter ce que l’hiver a de plus rigoureux à leur offrir. Malheureusement, les conditions routières et la météo ont transformé ce qui devait être une aventure périlleuse en randonnée du dimanche. J’en ai surtout retenu que conduire une Smart pendant 2 500 km sur 4 jours exige une bonne colonne vertébrale, car c’est souvent elle qui sert de suspension à la voiture. Le Grand Nord canadien est superbe, mais je ne suggèrerais à personne d’aller y faire une promenade dans une voiture en bon état. Les 7 Smart de l’expédition y ont toutes laissé leur pare-brise en raison des cailloux qui inondent la route de l’Alaska. Il y a aussi le danger des animaux qui est omniprésent avec ces centaines de bisons voyageant en horde et qui, la nuit venue, dorment quelquefois sur la route la tête en bas, ce qui les rend tout à fait invisibles. Résultat : personne ne s’aventure sur la route après la tombée du jour.
Quelqu’un m’a demandé ce que je pensais des constructeurs qui offraient des rabais substantiels si vous veniez chez eux échanger une Toyota contre un modèle concurrent. C’est peut-être la loi du marché, mais je trouve ça assez cynique pour ne pas dire irrespectueux. Que voulez-vous, c’est le malheur des uns qui continue à faire le bonheur des autres en ce bas monde.

TOYOTA, LA SUITE 

February 2nd, 2010

Mon dernier blogue a suscité de nombreux commentaires, mais il a surtout permis, grâce à un de nos lecteurs, de retrouver et de compiler des données intéressantes sur le nombre de rappels que chaque constructeur a dû effectuer depuis que le gouvernement porte un œil plus attentif à la sécurité automobile.
Pour les dix dernières années, on y apprend surtout que des marques tenues en haute estime par les automobilistes (dont BMW notamment) ont accumulé un nombre effarant de rappels. Et comme le souligne notre « espion » Jocelyn, les chiffres ne tiennent même pas compte des rappels faits secrètement à l’insu des propriétaires. Autre détail : il ne faut pas perdre de vue que le nombre de rappels est proportionnel aux nombres de voitures vendues. On ne doit pas se surprendre par exemple de trouver GM en tête suivie de Ford et Chrysler. Ce qui étonne par contre, c’est que Toyota qui vend autant de voitures que GM (ou presque) vient en 8e place avec un excellent rapport rappels/ventes (98 rappels) , ce qui est mieux que Honda avec 231 campagnes de rappel. Par ailleurs, Volvo qui vend très peu de voitures a le déshonneur de figuré parmi les marques ayant le plus grand nombre de rappels (202). Du bon côté de la médaille, Kia se distingue avec seulement 36 rappels, Subaru avec 42 et Hyundai avec 52.
Quant à tout le flafla que la presse parlée ou écrite fait de cet incident, je trouve que l’on y va un peu fort. Cette habitude de monter en épingle la plus petite anomalie est ce que l’on appelle dans notre milieu une façon de « torcher » de la copie. On se calme, on se calme et l’on passe au point mort, point.

FAUTE AVOUÉE 

January 28th, 2010

Une faute avouée est à demi pardonnée. Il y a une bonne vingtaine d’années, la firme Audi a payé très cher son ignorance de cette maxime populaire. À l’époque, l’émission de télé américaine « 60 minutes » avait présenté un reportage soulignant les nombreux cas « d’accélérations soudaines » de l’Audi 5000, la berline haut de gamme du constructeur allemand. Or, au lieu de se pencher sur le problème soulevé par le reportage en question, les Allemands, comme ils le font souvent, ont plutôt pris le mors aux dents, niant énergiquement la moindre défaillance de leur produit.
Il s’en est suivi toute une série de dénonciations, de rumeurs, de négations, d’enquêtes, de poursuites, qui alimentèrent l‘actualité automobile pendant de longs mois. Nul besoin d’ajouter que les ventes des voitures Audi ont fondu comme neige au soleil partout en Amérique, entraînant presque la disparition de la marque. Au lieu de faire face à la musique, on avait décidé de tout nier en prétendant que les accidents survenus suite au blocage de l’accélérateur étaient la responsabilités des usagers. Bref, l’histoire fut un véritable désastre et une leçon de choix pour tous les étudiants en relations publiques. Il est préférable d’admettre une faute, même si l’on a rien à se reprocher, que d’aller à l’encontre de l’opinion publique. Comme exemple d’une campagne de recouvrement bien menée, souvenez-vous du fameux scandale Tylenol dont la réputation aurait pu être sérieusement atteinte lorsqu’un désaxé avait introduit un poison dans des bouteilles de comprimés du populaire analgésique. Dès l’annonce de la nouvelle, Tylenol n’avait fait ni un ni deux et avait tout de suite envoyé au front l’un de ses représentants pour admettre l’existence d’un problème et annoncer le retrait immédiat de tous les produits Tylenol sur le marché. La compagnie pharmaceutique n’avait pratiquement rien perdu dans l’exercice comparativement à Audi.
Et c’est maintenant au tour de Toyota de réagir vite et bien en retirant du marché huit de ses modèles tout en assurant le rappel de quelques millions de véhicule dans l’ensemble de la planète pour rectifier un problème similaire à celui d’Audi, celui d’un danger que l’accélérateur se coince en position ouverte. Toyota assume sa part de blâme et malgré le faible nombre de cas rapportés prend les grands moyens pour rassurer sa clientèle. Doit-on dire bravo? Je le pense.

LES VRAIES QUESTIONS? 

January 25th, 2010

Quand je décide de faire le ménage dans mes affaires, je retrouve tout plein de bouts de papier égarés sur lesquels j’ai griffonné de petites notes sur des sujets dont je voulais vous entretenir.
Comme, par exemple, les difficultés que j’éprouve à faire fonctionner correctement les systèmes « keyless » ou, pour faire plaisir à notre société de la langue française, les dispositifs d’ouverture des portières sans clefs. D’ailleurs, je viens de me rendre compte qu’en anglais ou en français, l’expression est erronée puisqu’il faut tout de même une clef pour appuyer sur l’empreinte de la fonction désirée. Ce qui m’agace surtout, c’est la réticence du coffre à s’ouvrir avec ces systèmes d’ouverture à distance. Et à tous ces brillants ingénieurs qui façonnent nos voitures, ne serait-il pas possible d’éviter les grosses clefs noires dont les repères sont complètement invisibles la nuit venue?
Autre petite note : la visibilité arrière est-elle devenue le dernier souci des constructeurs? J’ai récemment conduit la Honda Crosstour, la Porsche Panamera, l’Acura ZDX et quelques autres modèles dans lesquels les lunettes arrière sont ou trop étroites ou trop en hauteur pour vous permettre de voir juste derrière le véhicule. On compense en vous vendant de coûteux radars de recul qui ne résistent pas à nos conditions hivernales et dont les lentilles au ras du pare-chocs deviennent rapidement totalement obstruées.
Finalement, je me suis souvent demandé si les constructeurs automobiles faisaient vraiment subir aux prototypes de leurs nouveaux modèles toutes les batteries de tests dont on nous fait part lors des dévoilements. J’en suis encore moins sûr depuis que l’aileron arrière de la Porsche Panamera Turbo que je conduis en ce moment s’est bruyamment décomposé suite à un passage dans un lave-auto. Mon ami Rick Bye de chez Porsche m’avise que le problème n’a rien à voir avec le climat et qu’il s’agit d’une « mésentente » dans la programmation de l’aileron qui, à 205 km/h, adopte une position produisant un meilleur appui aérodynamique. Aurais-je roulé à une telle vitesse? Je ne m’en suis jamais aperçu!

LES CASQUETTES À L’ENVERS 

January 20th, 2010

Il suffit de conduire une Volkwagen GTI pour mieux comprendre le phénomène des « casquettes à l’envers ». Et je serais prêt à parier que la même chose se produit quand on prend le volant d’une Honda Si. On perd toutes ses facultés, tout sens des valeurs et on devient dans les minutes qui suivent un enragé du volant que l’on reconnaît souvent à sa façon de mettre sa casquette à l’envers. Sans doute parce que ça fait plus cool ou que cela vous identifie comme membre d’un club quelconque.
J’en parle en connaissance de cause puisque j’ai vécu moi-même l’expérience après avoir emprunté une GTI pour les besoins d’un essai. Je venais tout juste de la prendre en main que je faisais des choses que je ne fais jamais. Je cherchais tous les trous libres dans la circulation pour aller m’y engouffrer en croisant trois ou voitures. J’accélérais à fond pour dépasser tout ce qui se trouvait devant moi. Bref, un vrai fou au volant! Comme ce n’est pas dans mon habitude de conduire de cette manière, j’ai ai conclu que ce genre d’adrénaline m’était prodigué par le comportement de la voiture, son freinage, sa direction prompte, sa tenue de route, sa boîte de vitesses manuelle, ses sièges qui vous cale bien en place et, bien entendu par ce petit moteur turbo de 2 litres et 200 chevaux. Quel régal, mais aussi quelle difficulté de résister à ses performances et de ne pas se lancer à l’assaut du premier venu dans sa Honda Si qui ne donne pas sa place non plus pour allumer la délinquance chez les conducteurs les plus sages.



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