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Renault a dégagé, en 2000, un bénéfice net de 1 080 millions d’euros (7 082 millions de francs), pour un chiffre d’affaires de 40 175 millions d’euros (263 534 millions de francs), en hausse de 5,6 % à structure et méthodes identiques. La marge opérationnelle atteint 2 022 millions d’euros (13 266 millions de francs), soit 5 % du chiffre d’affaires. Ce résultat s’inscrit dans un contexte très riche en opérations stratégiques. Nissan contribue pour la première fois positivement aux résultats du Groupe grâce au succès rapide de son plan de redressement et la mise en œuvre de l’Alliance s’est poursuivie à un rythme soutenu. La signature de l’accord avec Volvo le 2 janvier 2001, apporte à la branche véhicules industriels une solution porteuse d’avenir et de développement. En ligne avec son objectif d'internationalisation, Renault a acquis les actifs de Samsung Motors et renforcé ses investissements chez Dacia, tout en poursuivant activement son développement international avec le support de Nissan. Le Groupe a lancé en fin d’année Laguna II, porteuse de la nouvelle identité de marque.
Le chiffre d’affaires de Renault s’élève à 40 175 millions d’euros (263 534 millions de francs) en 2000 contre 38 033 millions d’euros (249 483 millions de francs) en 1999 , en augmentation de 5,6 % à structure et méthodes identiques.
Le chiffre d’affaires réalisé à l’étranger représente 64,5 % de l’ensemble contre 63,8 % en 1999 proforma, confirmant la poursuite du développement à l’international du groupe.
La contribution de la Branche Automobile au chiffre d’affaires du Groupe s’est établie à 31 486 millions d’euros (206 533 millions de francs) en 2000, en hausse de 4,8 % par rapport à 1999, à structure et méthodes identiques. La croissance du chiffre d'affaires s'explique principalement par le mix-version favorable et la progression des ventes à l'international.
Les ventes du Groupe Renault ont atteint 2,35 millions de véhicules dont 50 000 sous la marque Dacia et 12 500 sous la marque Samsung. Les ventes de la marque Renault s’élèvent à 1,97 million de voitures particulières et 323 000 véhicules utilitaires ce qui permet à la marque de détenir 4,1 % du marché mondial. Avec une pénétration de 11 %, Renault conforte son rang de première marque VP+VU en Europe occidentale pour la troisième année consécutive. Sur les marchés hors Europe occidentale, Renault progresse de 22,7 %, demeure leader en Turquie avec des ventes en hausse de 47 % et poursuit son développement au Mercosur (+11,1 %) et réalise une pénétration record en Europe centrale.
Dans le palmarès des dix voitures les plus vendues en Europe, Mégane est la deuxième meilleure vente (4,2 % du marché). Scénic représente plus de la moitié des ventes de Mégane et poursuit sa progression. Kangoo et Espace conservent leur leadership sur leur segment.
La contribution de la Branche Véhicules Industriels au chiffre d’affaires a atteint 7 033 millions d’euros (46 137 millions de francs), soit une hausse de 8,3 % par rapport à 1999, à structure et méthodes identiques. La branche véhicules industriels représente 17,5 % du chiffre d’affaires du Groupe.
Cette évolution s’explique par la croissance des ventes qui ont atteint un niveau record avec 103 646 camions commercialisés en 2000 (dont 8 819 Masters commercialisés par le réseau Renault V.I.), contre 93 354 en 1999. Cette performance est essentiellement attribuée à Renault V.I. dont les ventes augmentent de 27,4 % pour atteindre 67 814 unités. En revanche, aux Etats-Unis, dans un marché des camions de Classe 8 (plus de 16 tonnes) en plein retournement ( -19,4 % par rapport à 1999), Mack résiste mieux que ses concurrents et, pour la huitième année consécutive, améliore sa pénétration qui atteint désormais 13,3 % (13,1 % en 1999).
En Europe, Renault V.I. progresse sur le segment des plus de 5 tonnes de 0,6 point à 11,3 % (contre 10,7 % en 1999 ) et conforte sa position en plus de 16 tonnes à 12,4 % (contre 12,2% en 1999).
Irisbus, pour sa deuxième année d’activité, a commercialisé 9 811 véhicules (en hausse de 11,7 %) et confirme son leadership sur les marchés français, italien, espagnol et tchèque. Sa part de marché sur les cinq principaux marchés européens (Allemagne, Espagne, France, Grande-Bretagne et Italie) atteint 27,1 % contre 26 % en 1999.
La contribution au chiffre d’affaires de la Branche Financière - essentiellement constituée des produits d’intérêts sur le financement des ventes - s’est établi 1 656 millions d’euros (10 864 millions de francs) à fin décembre 2000, en hausse de 10,6 % par rapport à décembre 1999 , à structure et méthodes identiques. Cette croissance s’explique par une hausse des encours productifs moyens et une hausse des taux d'intérêts.
Engagé dans une politique soutenue de renouvellement de ses gammes de véhicules et d'organes mécaniques, le groupe a fortement investi pour la préparation de l’avenir et a consacré 2 048 millions d’euros (13 433 millions de francs) à la recherche et au développement en 2000 contre 1 788 millions d’euros (11 727 millions de francs) en 1999, soit une hausse de 14,6 %. Ces frais représentent 5,1 % du chiffre d’affaires (contre 4,8 % en 1999).
La marge opérationnelle atteint 2 022 millions d’euros (13 266 millions de francs) soit 5 % du chiffre d’affaires, conformément aux prévisions du Groupe. La contribution de la branche automobile s’élève à 1 574 millions d’euros (10 326 millions de francs), contre 1 763 millions d’euros (11 563 millions de fracs) en 1999, en raison notamment d’une augmentation de 198 millions d’euros (1 294 millions de francs) des frais de recherche et développement et du coût du développement international avec les consolidations de Dacia et de Renault Samsung Motor, deux sociétés en phase de redressement ou de démarrage. A l’inverse, la marge opérationnelle de la branche automobile a bénéficié de la poursuite du plan de réduction des coûts. La contribution de la branche véhicules industriels à la marge opérationnelle s’établit à 195 millions d’euros (1 280 millions de francs), contre 220 millions d’euros (1 444 millions de francs) en 1999, reflétant la dégradation des conditions de ventes, particulièrement sur le marché américain. La contribution de la branche financière à la marge opérationnelle augmente de 13,9 % pour atteindre 253 millions d’euros (1 660 millions de francs).
Le plan de réduction des coûts de 20 milliards de francs par rapport à 1997 (à iso-activité), portant sur 1998-1999-2000, a atteint son objectif ce qui a permis de limiter l’impact de la hausse des prix des matières premières et de l’énergie observée en 2000.
Renault engage actuellement un nouveau plan d’économies de 3 milliards d’euros sur 3 ans (2001-2002-2003). Ce nouveau plan intègre les économies réalisées dans le cadre des synergies dégagées avec Nissan. Renault vise à réaliser à iso-activité par rapport à 1999, 1 milliard d’euros d’économies en moyenne par an. Ce plan couvre l’ensemble des activités du groupe : les économies proviendront pour moitié (51%) des achats, pour 21% des moyens commerciaux (distribution) et pour 11% des coûts industriels mais également du Mercosur, de l’ingénierie et de frais divers principalement du tertiaire (informatique, garantie, frais de structure...).
Les autres produits et charges d’exploitation diminuent fortement en 2000 et constituent une charge de 319 millions d’euros (2 093 millions de francs) contre 721 millions d’euros (4 729 millions de francs) en 1999. En 1999, ce poste comprenait une provision de 584 millions d’euros (3 833 millions de francs) due à l’application du dispositif de cessation anticipée d’activité pour les salariés âgés (CASA). Les autres produits et charges d’exploitation constatés en 2000 recouvrent pour l’essentiel l'ajustement et l'actualisation des charges financières de la provision CASA et les provisions pour coûts de restructuration et mesures d’adaptation des effectifs des dernières filiales françaises signataires d'accords CASA. En Espagne, une provision de 77 millions d’euros (506 millions de francs) a été constituée pour un plan de départs des salariés âgés de la filiale FASA.
Compte tenu de la situation financière de Daewoo avec qui Renault avait signé un contrat de fourniture de moteur, le Groupe a provisionné une créance de 65 millions d’euros (428 millions de francs).
Après prise en compte des produits et charges d’exploitation, le résultat d’exploitation s’établit à 1 703 millions d’euros (11 173 millions de francs) en 2000 contre 1 484 millions d’euros (9 736 millions de francs), en hausse de 14,8 % par rapport à 1999.
Le résultat financier se traduit par une charge financière nette de 69 millions d’euros (454 millions de francs) contre un produit de 32 millions d’euros (208 millions) en 1999. Cette évolution traduit l’augmentation des coûts de financement liés à l’internationalisation du Groupe depuis la fin du premier semestre 1999.
La part revenant à Renault dans le résultat net des sociétés mises en équivalence est le poste qui évolue le plus fortement, avec la prise en compte du redressement de Nissan. Négative de 356 millions d’euros (2 334 millions de francs) en 1999, elle devient positive en 2000 à 89 millions d’euros (583 millions de francs). Nissan Motor, principale société mise en équivalence, a un impact positif de 56 millions d’euros (368 millions de francs) dans les comptes du Groupe Renault. Plus que la variation annuelle, c’est l’ampleur du retournement entre le premier et le second semestre 2000 qui est représentative de la vitesse du redressement du partenaire Japonais de Renault .
Le résultat du groupe avant impôts s’établit à 1 723 millions d’euros (11 302 millions de francs) contre 1 160 millions d’euros (7 610 millions de francs) en 1999, soit une hausse de 48,5 %.
En 2000, les impôts courants et différés représentent une charge nette de 649 millions d’euros (4 260 millions de francs) contre une charge de 620 millions d’euros (4 068 millions de francs) en 1999. La charge d’impôt courants et différés représente 39,7 % du résultat du groupe avant impôts et avant résultat des sociétés mises en équivalence.
Après prise en compte de cette charge et des intérêts minoritaires, le résultat net de Renault en 2000 s’établit à 1 080 millions d’euros (7 082 millions de francs) contre 534 millions d’euros (3 506 millions de francs en 1999), soit une hausse de 102 %. Le résultat net par action s’élève à 4,50 euros, (29,53 francs) contre 2,23 euros (14,62 francs) en 1999.
Engagé dans une politique de renouvellement soutenue de ses produits, Renault a consacré 2 381 millions d'euros (15 619 millions de francs) en 2000, à ses investissements corporels et incorporels nets des cessions. Ils progressent ainsi de 17,1 % et représentent 5,9 % du chiffre d’affaires (5,4 % en 1999). Ils sont couverts par la capacité d’autofinancement qui atteint 3 412 millions d’euros (22 379 millions de francs) en 2000.
Au 31 décembre 2000, l'endettement financier net des activités industrielles et commerciales s’élève à 4 793 millions d’euros (31 441 millions de francs) à comparer à 2 699 millions d’euros (17 705 millions de francs) au 31 décembre 1999. Il s’est accru du fait :
- de la progression de 16,8 % des investissements corporels,
- des investissements en titres de participation qui s’élèvent à 811 millions d’euros (5 320 millions de francs) avec notamment de l’acquisition de Benetton Formula Ltd. et de 4,9 % des titres AB Volvo,
- de la création de Renault Samsung Motor qui a un impact de 267 millions d’euros (1752 millions de francs),
- de l’augmentation transitoire du besoin en fonds de roulement, liée aux distorsions d’approvisionnement industriel et à la préparation du lancement de la nouvelle Laguna.
Enfin, les capitaux propres du groupe passent de 8 185 millions d’euros (53 689 millions de francs) au 31 décembre 1999 à 9 652 millions d’euros (63 314 millions de francs) au 31 décembre 2000.
Il sera proposé à l’Assemblée Générale des actionnaires du 10 mai 2001 le versement d’un dividende de 6 francs (0,91 euro) par action, hors avoir fiscal.
L’année 2000 a été une année d’opportunités stratégiques exceptionnelles pour Renault. Le Groupe a poursuivi son développement international dans le cadre de sa stratégie de croissance rentable. Le système de Nouvelle Distribution et la stratégie e-business de Renault modifient la relation commerciale en plaçant le client au cœur du dispositif. Les achats, qui ont fortement participé au premier plan de réduction des coûts, contribueront encore à la compétitivité grâce à la mise en œuvre de Covisint, la plus importante plate-forme d’échanges en ligne entre équipementiers et constructeurs (Ford Motor Company, General Motors Corporation, DaimlerChrysler). Enfin, en 2000, Renault a commencé à développer une stratégie de Groupe multimarque avec Dacia et Samsung. L’accord Volvo, qui donne naissance au deuxième groupe mondial de véhicules industriels apporte une solution durable et propice au développement de l'activité véhicules industriels des marques Renault et Mack.
En 2000, l’Alliance a également progressé à un rythme rapide. La plate-forme B est en cours d'élaboration et les premiers véhicules issus de cette plate-forme verront le jour en 2002. Dans le domaine des organes mécaniques, les échanges se sont structurés et le développement d’un moteur diesel commun est en cours. La politique Achats de l’Alliance est engagée avec la définition d’un panel de fournisseurs. En 2000, Renault et Nissan ont réuni leurs back-offices commerciaux sur 7 marchés européens. A l’international, les appuis mutuels industriels et commerciaux ont été fructueux : Scénic est produite dans l’usine Mexicaine de Nissan, le pick-up New Frontier sera produit dans les usines brésiliennes de Renault. Renault a annoncé son retour commercial en Australie, à Taïwan et au Pérou, grâce à Nissan.
Le Conseil d’Administration a tenu à rendre hommage à tous les hommes et femmes de Renault qui par leur compétence, leur travail et leur enthousiasme ont obtenu ces résultats.
Perspectives
2001 sera une année de croissance interne. A périmètre constant, le chiffre d’affaires progressera par la croissance des ventes à l’international, le lancement de nouveaux modèles, l’augmentation des capacités en diesel et dans un marché européen stabilisé à haut niveau. La réduction des coûts se poursuivra avec la mise en place d’un nouveau plan triennal d’un milliard d’euros d’économies supplémentaires par an. Pour assurer sa croissance future, Renault maintiendra un effort de recherche et de développement soutenu et consolidera son déploiement à l’international. La mise en œuvre de l’Alliance s’accélérera avec le développement d’une seconde plate-forme commune et l’intensification des coopérations dans les autres domaines. Renault bénéficiera pleinement du redressement de Nissan ainsi que de la mise en œuvre effective du rapprochement avec Volvo dans le domaine des poids lourds.
La croissance sensible du chiffre d’affaires proviendra notamment des récents développements du groupe à l’international. La marge opérationnelle devrait être supérieure à l’objectif de 4 % en moyenne de cycle, Renault visant une marge en euros d’un montant équivalent à celui atteint en 2000, à périmètre constant. Hors plus-values de cessions, le résultat par action devrait être, pour sa part, supérieur aux prévisions moyennes des analystes qui se situent à 6 euros par action.
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