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Mondialisation automobile: Une industrie automobile en “FUSION” Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Gilles Olivier   
14 mai 2001

L’histoire de l’humanité qui se répète, mais cette fois-ci sur quatre roues.

Le 16 septembre 1908, William Crapo Durant fonde la société General Motors par le truchement de fusions entre les marques Buick et Oldsmobile, qui furent suivies par les marques Oakland et Cadillac l’année suivante, tandis que la marque Chevrolet s’est jointe au nouveau groupe industriel en 1918. Cette histoire s’est répétée maintes et maintes fois depuis la naissance de cette industrie toutefois, à cette époque, les constructeurs fusionnés perdaient leur âme pour devenir des sociétés à part entière du nouveau conglomérat. Aujourd’hui, la grande majorité des fusions dites contemporaines, permettent aux petits constructeurs fusionnés de conserver leur pleine autonomie, leur identité propre et souvent historique. On parle donc de fusions strictement d’affaires pour les deux parties.

Si l’on remonte au début des années 70, l’industrie automobile mondiale ne comptait pas moins d’une soixantaine de constructeurs importants, dont la plupart exportaient, voire fabriquaient leurs véhicules un peu partout autour du globe. On y retrouvaient les Nord-Américains, General Motors, Ford, Chrysler, American Motors et Checker; les Japonais, Toyota, Nissan / Datsun, Toyo Kogyo / Mazda, Honda, Subaru, Suzuki, Mitsubishi, Isuzu, Daihatsu et Hino; les Allemands, Volkswagen, Audi / NSU, Porsche, BMW, Mercedes-Benz, Opel et Ford Allemagne; les Français, Renault, Peugeot, Citroën, Simca, Matra et Alpine; les Anglais Triumph, MG, Austin, Rover, Jaguar / Daimler, Sunbeam, Lotus, Reliant, Jensen, Roll’s Royce / Bentley, Vauxhall et Ford Angleterre; les Italiens, Fiat, Lancia, Autobianchi, Alfa-Romeo, Innocenti, Ferrari, Maserati, Iso et Lamborghini; les Suédois, Volvo et Saab; sans oublier les quelques filiales canadiennes, sud-américaines, australiennes et des pays de l’est des principaux constructeurs de l’époque.

Toute cette belle harmonie a pu durer jusqu’au milieu des années 80; alors que General Motors prenait possession du petit constructeur Lotus en 1985, suivi, en 1987, par Ford qui se paie le prestigieux constructeur Aston-Martin, sans oublier Honda qui s’accapare, à l’époque, de 20 % des avoirs du Groupe Rover. En 1989, lorsque Ford a mis la main, et ce dans sa totalité, sur le prestigieux constructeur britannique Jaguar; dont la valeur du rachat était estimée, selon certains experts, à quelque 4 milliards de dollars (US), bien sûr, on assistait alors au début d’une série de fusions qui allait changer la face “d’un pare-chocs à l’autre” de l’industrie automobile mondiale.

Par la suite, on assista à la formation d’un nouveau géant italien, appelé Fiat, qui allait contrôler, au début des années 90, le petit constructeur Maserati, sans omettre de souligner sa mainmise déjà acquise sur les constructeurs Lancia, Alfa-Roméo et Ferrari. En 1994, Ford revient à la charge, mais cette fois-ci au Japon, en prenant la direction de Mazda, dont il contrôlait déjà 25 % des avoirs. Mais la fusion, qui a fait couler beaucoup d’encre en 1994, est indéniablement celle qui a amené le constructeur munichois BMW à se porter acquéreur du groupe britannique Rover pour la modique somme de 1,4 milliard (US), lui permettant ainsi de passer de constructeur spécialiste à constructeur généraliste, une aubaine disait-on à l’époque mais qui, depuis, a coûté à BMW plusieurs milliards de dollars. En 1996, General-Motors reprend le japonais Isuzu à hauteur de 49 %, le malaisien Proton et Lotus de Grande-Bretagne.

Mais le bal des fusions en série a commencé dès 1998; lorsque le conglomérat allemand Daimler-Benz, et non Mercedes-Benz, s’est porté acquéreur, en totalité, du constructeur nord-américain Chrysler pour une petite bouchée de pain, évaluée autour des 35 milliards de dollars (US), il va de soi. Depuis lors, on assiste à des fusions, des achats, des rachats et des ententes technologiques, voire des disputes plus ou moins orageuses, qui ont pour effet de monopoliser l’industrie automobile autour de six méga-groupes de constructeurs affiliés, qui se partagent les bénéfices de toutes natures, d’une des industries les plus florissantes au monde qu’est celle de l’automobile.

Mais pourquoi toutes ses fusions? Tout d’abord, on sait très bien que la rentabilité des petits constructeurs n’est plus aussi certaine qu’auparavant, compte tenu des coûts prohibitifs des recherches et du développement, à cela s’ajoutent une surproduction mondiale qui devient de plus en plus onéreuse pour tous, des coûts de production prohibitifs pour plusieurs d’entre eux qui, par le truchement de ces fusions, verront le nombre de leurs plates-formes diminué de plus de la moitié, sans oublier le partage de pièces entre différentes gammes de produits qui permettront à ces derniers de concevoir plus rapidement de nouveaux produits avec un personnel réduit et d’assembler à moindres coûts. Finalement, bon nombre de ces ententes ont pour but principal, de s’infiltrer en douce sur le marché asiatique; afin de concevoir et d’assembler là-bas des voitures pensées pour ces gens de ces pays en voie de développement et dont la population est plus qu’abondante.

Cette semaine, nous vous présentons la première d’une série d’articles sur la nouvelle mondialisation automobile. Tout d’abord en vous présentant une vue globale de cette industrie, et, par la suite, nous vous présenterons les six nouveaux gladiateurs de l’industrie automobile mondiale que sont devenus respectivement, General Motors, Ford, DaimlerChrysler, Toyota, Volkswagen, Renault et leurs constructeurs affiliés, sans oublier de vous entretenir des constructeur indépendants. Nous verrons également, où sont les intérêts des automobilistes dans cette foulée de fusions à l’emporte-pièce. On parlera des sagas ROVER et DAEWOO qui ont fait couler beaucoup d’encre. On va scruter les petites alliances entre constructeurs, particulièrement au niveau technologique, où en est rendu l’industrie automobile des pays de l’est dans la foulée de cette mondialisation et finalement que nous réserve cette industrie très cyclique.

 





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Dernière mise à jour : ( 2 janvier 2007 )
 
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