| Une industrie en FUSION : 3e partie |
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| Écrit par Gilles Olivier | |
| 13 juin 2001 | |
Ford : Le 2e Groupe automobile mondialContrairement à General-Motors, la compagnie Ford a été, pendant des décennies, une société à incidence plutôt familiale, à laquelle s’est greffé deux filiales européennes, soit Ford Angleterre en 1911, suivie, en 1925, par la création de Ford Allemagne. Revenons en sol nord-américain pour nous rappeler la prise de possession, en 1922, de la Société Lincoln Motor Co. qui se retrouvait alors en sérieuses difficultés financières. Cette prise en mains, allait enfin permettre à Ford de faire concurrence à la division Cadillac de General-Motors avec ses grandes berlines à moteurs V8. L’histoire va se répéter en 1938, lorsque Ford va créer la division Mercury afin de se pointer le nez dans le créneau des populaires Oldsmobile, Buick et Chrysler. Pendant près de 50 ans, ce fut presque le calme plat pour ce constructeur au niveau des alliances et fusions de toutes sortes. Toutefois en 1987, il prend le monde automobile par surprise en se portant acquéreur du petit constructeur britannique de voitures de prestige ASTON-MARTIN, une acquisition qui finalement n’a jamais donné de résultats probants, aux deux parties, mais qui continue, encore aujourd’hui, à donner naissance à des modèles à tirage plus que modestes, mais dont l’exclusivité demeure sa marque de commerce première. Cette prise de possession, c’était pour le constructeur Ford, comme se faire la main, avant de frapper encore plus fort deux ans plus tard avec l’acquisition, dans sa totalité du constructeur JAGUAR pour la modique somme de 4 milliards (US) bien sûr. On dit jamais deux sans trois, et ce dicton pour Jaguar n’est pas peu dire. Tout d’abord, il est bon de signaler que ce petit constructeur de voitures de prestige, créé en 1922, a été pendant des décennies une fierté nationale pour les Britanniques et ce, au même titre que Ferrari pour les Italiens, sauf que pour le Britannique, il a toujours eu du mal à s’associer avec des partenaires bien nantis et surtout très sérieux… En 1966, il s’associe au Groupe British Motor Co., créé tout spécialement afin de faciliter la commercialisation intérieure et l’exportation des voitures britanniques, entre autres en sol nord-américain. Deux ans plus tard, le groupe est dissous et devient la British-Leyland, fondée avec les mêmes bonnes intentions; toujours sans oublier que Jaguar demeure sous le contrôle, très bureaucratique, du gouvernement britannique. Toutefois en 1985, Mme Thatcher privatise Jaguar et déjà en 1988, on va créer la division JAGUAR SPORT avec le concours du motoriste TWR. Cette prise en mains, ne s’est pas fait sans heurts, tout au contraire, et il aura fallu près de dix pour que ce rachat au prix d’or puisse enfin donner des résultats probants, tout d’abord au niveau de la qualité des assemblages, qui finalement allait se faire sentir au niveau de la fiabilité à moyen et long termes. Avec la sortie en milieu d’année 1999 de la nouvelle Jaguar TYPE S, on assiste au dévoilement de la 1re berline véritablement issue de cette fusion, qui est conçue et développée par les ingénieurs des sociétés Ford et Jaguar, en utilisant des éléments mécaniques des deux groupes, mais tout en veillant scrupuleusement au caractère très distinct de la berline Jaguar, par rapport à sa demi-sœur, la Lincoln LS. Et ce n’est pas fini, car se pointe déjà une nouvelle venue qui fera couler beaucoup d’encre lors de sa sortie, à savoir la très jolie Jaguar X-Type compacte à traction intégrale. La conception d’un majestueux véhicule utilitaire et récréatif à traction intégrale de marque Jaguar pourrait voir le jour d’ici tout au plus deux ans… c’est à suivre… En 1994, et faisant suite à plusieurs années de coopération avec le constructeur nippon Mazda, Ford s’accapare de 20 % des actifs de ce dernier, alors en situation financière très précaire, en plus de prendre le contrôle administratif de Mazda, une première en sol japonais, et ce, afin bien sûr d’en redresser ses finances. Aujourd’hui les parts de Ford dans Mazda s’élèvent à 34 %. Ces ententes entre ces deux constructeurs ont toujours eu pour but de rationaliser les coûts de développements de certains de leurs produits respectifs. Ainsi, on a vu au cours des dernières années, les Ford Escort et Mazda Protegé se partager maints organes mécaniques sans pour autant utiliser la même plate-forme. Or, la prochaine génération des Ford Focus et Mazda Protegé vont dorénavant utiliser la même plate-forme afin d’en minimiser les coûts de développement et de fabrication. D’ailleurs, c’est ce qui s’est produit lors de l’élaboration, le développement et l’assemblage des nouveaux véhicules récréatifs Ford Escape et Mazda Tribute. Mazda nous a dévoilé, au dernier Salon international de l’auto de Détroit, son coupé RX8 à moteur rotatif, qui sera commercialisé l’an prochain. Un tel développement technologique et la commercialisation d’un produit aussi exclusif n’auraient pu se réaliser sans les avoirs du géant américain. En 1999, dans la foulée des achats/rachats à la file indienne, Ford annonce un coup de maître en s’appropriant la totalité de la division automobile du conglomérat suédois Volvo et ce, pour la rondelette somme de 6,5 milliards $ (US). Pour le constructeur suédois, il s’agissait tout particulièrement de se départir de sa division automobile qui lui coûtait très cher à conserver, et surtout fort dispendieuse en efforts au niveau du développement de nouveaux produits et ce, toute proportion avec les faibles revenus récoltés. En ce qui concerne Ford, cette transaction lui permet d’agrandir son rayon d’action, sans pour autant nuire aux autres produits de la marque, voire devenir complémentaires aux produits nord-américains, asiatiques et européens qui lui sont désormais affiliés. De plus, ceci permettra aux deux constructeurs de développer de nouveaux produits issus d’une même plate-forme. Ainsi, nous verrons se développer les futures Volvo S40 et V40, en utilisant des éléments empruntés aux futures Ford Focus et Mazda Protegé, mais toujours en respectant l’identité de chacune. Il en sera de même lors des remplacements des futures Volvo S80, V70 et S60. L’année dernière, dans la saga qui opposait les constructeurs BMW et Rover, il fut finalement décidé après d’interminables négociations que BMW pouvait enfin se départir du constructeur britannique dont personne ne veut, mais tout en conservant un petit quelque chose qui lui tenait très à cœur, soit le nom MINI afin de faire revivre, dès l’an prochain sur tous les marchés automobiles mondiaux, cette petite voiture mythique qui devrait connaître un succès à caractère planétaire. Jusque là, pas vraiment de surprise, à l’exception de la vente, par le constructeur allemand, de la division fort lucrative LAND ROVER au géant Ford pour la somme de 2,9 milliards $ (US). Certains voient dans cette transaction une duplication de produits entre les gros véhicules 4X4 Ford/Lincoln et Land Rover, mais pas vraiment, car la clientèle cible de ce produit britannique, peut être considérée au même titre que celle qui regroupe les inconditionnels de la marque Jaguar et là, même la pesanteur du portefeuille ne peut avoir d’influence, au niveau de la décision finale, même la venue du tout dernier 4X4 de catégorie compacte, le Freelander, répondra à cette définition. Au-delà des espérances d’ouvertures vers les marchés asiatiques que l’on considère toujours très prometteurs, toutes ces fusions et alliances entre Ford et ses sociétés satellites ont pour but immédiat de développer en commun et surtout à moindres coûts, en utilisant une plate-forme commune et des éléments mécaniques complémentaires, sans toutefois ignorer la philosophie propre à chaque constructeur associé. Ainsi, selon certaines sources bien informées, il appert que la plate-forme qui a servi au développement de la nouvelle Ford Mondeo, qui vient de poindre son nez sur l’échiquier automobile européen, servirait de base de développement à la future Ford Taurus, prévue pour 2003 ou 2004 au plus tard. Côté développement de véhicules utilitaires et récréatifs de tout acabit, et des camions compacts ou pleine grandeur, Ford n’a jamais eu besoin de personne pour montrer sa force en ce domaine et tout indique qu’il en sera de même encore pour plusieurs années. En ce qui concerne les véhicules Land Rover, tout indique pour le moment que ces derniers seront tout simplement distribués en sol nord-américain par le truchement d’un réseau de concessionnaires sélectionnés. Ce n’est toujours pas pour demain que vous verrez des véhicules Ford utilisant des mécaniques du constructeur britannique, et il en sera fort probablement de même, de voir ce dernier utiliser des mécaniques Ford. Ce qui va par contre se produire dans ce segment chez Ford, c’est de voir continuer les extrapolations de véhicules et camions utilitaires, devenir des véhicules de grand luxe. Ainsi, après la sortie de la Lincoln Navigator, sur base de Ford Expedition, on verra sous peu apparaître la Lincoln Blackwood sur la base du Ford Sport Trac… et ce n’est pas fini… |
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| Dernière mise à jour : ( 18 décembre 2006 ) |









