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Alliance Renault-Nissan et GM ? La décision dans 90 jours Version imprimable Suggérer par mail
Écrit par Sylvie Rainville   
17 juillet 2006

Inutile d’être analyste pour le réaliser, un trio Nissan-Renault-GM viendrait bouleverser l’industrie. Imaginez seulement le pouvoir de ces trois constructeurs sur le marché automobile. Avant cette proposition d’alliance, les spécialistes de l’industrie affirmaient que Toyota et Honda se devaient de craindre le Groupe Hyundai, une compagnie qui vise le sommet et qui multiplie d’ardeur pour y atteindre. Si l’alliance se réalise, les deux constructeurs nippons auront un rival encore plus menaçant. Les deux chefs – Rick Wagoner de GM et Carlos Ghosn de Renault et Nissan - se sont rencontrés le 14 juillet dernier, suite à une initiative de Kirk Kerkorian, un actionnaire important de GM. Au menu : examiner les synergies possibles entre les constructeurs. Les experts de GM, Nissan et Renault étudieront ces possibilités. La décision sera prise d’ici 90 jours.

Une réaction de Toyota ne serait pas surprenante. D’ailleurs, un article paru dans Business Week le lendemain de la grande rencontre, laissait entendre que le géant japonais pourrait faire une offre à GM. Cependant aucun officiel de la compagnie n’a confirmé cette rumeur. Et même si Carlos Ghosn a affirmé à CNBC que l’objectif de l’alliance n’était pas de s’attaquer à un ennemi commun – Toyota -, il n’en reste pas moins qu’une forte collaboration entre GM, Nissan et Renault pourrait faire mal au constructeur nippon. « Nous avons un objectif commun », commentait M. Ghosn « celui d’attirer le plus de consommateurs possibles et non de s’attaquer à un ou des compétiteurs ». La veille de la réunion, CNBC diffusait une entrevue avec Carlos Ghosn. Le PDG de Nissan-Renault a été assez clair sur le type de partenariat qu’il entrevoit avec GM. « Les gens parlent de l’Alliance Renault-Nissan, mais ne savent pas ce qu’alliance signifie, ils nous comparent à DaimlerChrysler ou à d’autres associations d’entreprises. La différence : Renault et Nissan sont deux compagnies indépendantes, basées chacune dans des pays différents avec deux exécutifs différents, deux conseils d’administration et deux inventaires distincts ». Cependant les deux entreprises ont développé des synergies dans divers domaines, incluant la recherche et le développement, le partage de composantes mécaniques, sans oublier le réseau de fournisseurs. Une alliance avec GM ne signifie donc pas que le Groupe Nissan-Renault avalera GM. A contraire, GM conservera son identité distincte. Et M. Ghosn a répété lors de l’entrevue qu’il ne souhaitait aucunement diriger le constructeur américain. Toutefois, est-ce que les deux joueurs y trouveront leur compte ? Quels sont les secteurs de collaboration ? « Nous devons examiner tous les secteurs et, décider s’il y a une possibilité de synergie pour chacun. Les experts détermineront le degré de collaboration possible dans chaque domaine », expliquait M. Ghosn lors de l’entretien. Mais le PDG de Nissan a aussi révélé qu’une alliance permettrait de réduire la fermeture d’usines et les coupures de postes annoncés par GM récemment. La raison est simple: Nissan a besoin d’augmenter sa capacité de production en Amérique du Nord. « Une des parties n’a pas à faire un énorme investissement pour la construction d’une usine. Et l’autre partie n’a pas à dépenser des sommes considérables pour la fermeture d’une usine et la réduction de son personnel. Ce sont des synergies de ce type que nous examinerons de près. S’il n’y a pas d’alliance, nous aurons à construire une nouvelle usine » ajoutait M. Ghosn. Combien d’actions GM devra-t-il offrir à Nissan et Renault ? Selon la proposition présentée, Nissan et Renault s’approprieraient chacun de 10 % de parts de GM. Pendant l’entrevue de CNBC, Carlos Ghosn n’a pas caché que cette alliance impliquerait un échange de parts, notamment l’acquisition d’actions de GM. « Si les synergies sont nombreuses, je crois que l’échange d’actions – et spécialement prendre une partie des actions – est très important. Ceci donne le signal à l’intérieur des compagnies que la collaboration est sérieuse et à long terme ». Un autre secteur intéresse particulièrement le PDG de Nissan: la Chine, la Russie et l’Inde, des marchés en plein développement à croissance très rapide. M. Ghosn a aussi révélé à CNBC que ce sujet serait certainement discuté pendant la rencontre, le jour suivant. Cependant, les deux présidents ont choisi de ne pas faire de commentaires publics sur les sujets discutés pendant leur rencontre avant que leurs experts se soient penchés sur les possibilités et les avantages de collaborations dans ces domaines. Ghosn a affirmé aux médias que cette alliance ne réussira que si les deux parties puissent en trouver des bénéfices. « Si ce n’est pas le cas, nous nous serrerons la main et nous retournerons à nos champs de bataille respectifs ». C’est à suivre ! La décision en octobre.





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Dernière mise à jour : ( 29 novembre 2006 )
 
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